Les géants de la technologie surnagent

Un travailleur dans le centre d’expédition d’Amazon  à Aurora,  au Colorado
Rick T. Wilking/Getty Images Agence France-Presse Un travailleur dans le centre d’expédition d’Amazon à Aurora, au Colorado

L’économie mondiale a continué jeudi à payer la facture de la pandémie et le rebond s’annonce incertain, seuls les géants de la tech semblant surnager.

Pandémie ou pas, Facebook a vu son chiffre d’affaires progresser de 11 % au deuxième trimestre, à 18,7 milliards. Le géant des réseaux sociaux a habitué les marchés à des croissances plus spectaculaires de ses revenus, mais en temps de pandémie il dépasse tout de même les attentes des analystes d’un milliard.

Le bénéfice net a, lui, quasiment doublé à plus de 5 milliards, grâce à la comparaison favorable avec celui qui a été publié en juillet 2019 quand le réseau social avait dû payer une amende record infligée par les autorités américaines.

Le réseau créé par Mark Zuckerberg est désormais utilisé par près de 1,8 milliard de personnes au quotidien, soit 12 % de plus sur un an. Sa famille d’applications (Facebook, Instagram et les messageries Messenger et WhatsApp) touche 3,14 milliards d’individus tous les mois (+14 %).

Apple en santé

Pour sa part, Apple a très largement déjoué les attentes du marché en faisant part jeudi d’une croissance de 11 % sur un an de ses revenus au troisième trimestre de son exercice décalé, à 59,7 milliards. La compagnie a par ailleurs annoncé un fractionnement trois pour un de ses actions pour rendre le titre accessible à une gamme plus large d’investisseurs en le rendant moins onéreux.

Apple a fait mentir les prévisions des analystes, qui pensaient que l’activité de l’entreprise allait nettement ralentir du fait notamment de la fermeture des magasins avec les mesures de confinement à travers le monde. Mais elle a affiché une croissance impressionnante aussi bien pour les revenus de ses produits (+10 %) que pour ceux de ses services (+15 %). Le bénéfice net est lui ressorti à 11,3 milliards contre un peu moins de 9 milliards anticipés par les analystes.

Amazon grand gagnant

Un chiffre d’affaires en hausse de 40 % à près de 89 milliards et un bénéfice net qui double à 5,2 milliards: Amazon apparaît toutefois comme le grand gagnant de la pandémie pour le deuxième trimestre 2020. « Nous avons créé plus de 175 000 emplois depuis le mois de mars et sommes en train d’en transformer 125  000 en des postes permanents » , s’est félicité le patron dans le communiqué.

Les mesures de confinement ont rendu Amazon encore plus populaire et omniprésent dans la vie quotidienne de millions de personnes. Le groupe a augmenté ses capacités de livraison de 160 % pendant la crise sanitaire. Son service de cloud (informatique à distance), AWS, a généré près de 11 milliards de recettes.

En avril dernier, Jeff Bezos, le fondateur de la plateforme mondiale de commerce en ligne, avait annoncé qu’il dépenserait les 4 milliards de bénéfice opérationnel amassés au premier trimestre pour investir dans la gestion de la crise sanitaire, des équipements de protection aux augmentations de salaire des employés. Pour le troisième trimestre, Amazon a de nouveau budgété 2 milliards de coûts liés au coronavirus.

Le groupe s’attend en conséquence à un bénéfice opérationnel compris entre 2 et 5 milliards pour le trimestre en cours, contre 3,2 milliards il y a un an.

Google en baisse

À l’opposé, Alphabet, la maison mère de Google et YouTube, a vu son bénéfice net chuter et son chiffre d’affaires reculer au deuxième trimestre 2020, mais ses résultats sont néanmoins meilleurs que prévu et son patron voit « les premiers signes de stabilisation » de l’activité.

Le bénéfice net du géant de la recherche et de la publicité en ligne a atteint 6,96 milliards, soit presque trois milliards de moins qu’un an plus tôt. Le chiffre d’affaires, lui, a reculé de quelque 2 % à 38,3 milliards, à cause de la baisse des revenus tirés de la publicité. C’est un milliard de plus que ce qu’attendait Wall Street et à 10,13 $US, le bénéfice par action dépasse largement les attentes.

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