Économies des États-Unis et de l’Allemagne en pleine débâcle

Les fermetures provoquées  par les effets  de la pandémie ont engendré une hausse spectaculaire  du chômage aux États-Unis.
Spencer Platt Getty images Agence France-Presse Les fermetures provoquées par les effets de la pandémie ont engendré une hausse spectaculaire du chômage aux États-Unis.

Les États-Unis et l’Allemagne viennent de subir la pire contraction de leurs économies depuis la Deuxième Guerre mondiale.

La chute n’est pas une surprise et est même un peu moins violente qu’on le craignait, elle marque néanmoins les esprits. Le produit intérieur brut (PIB) américain a reculé de 9,5 % durant le deuxième trimestre qui s’est achevé avec le mois de juin, soit l’équivalent, en rythme annualisé, d’une dégringolade de 32,9 %. C’est mieux que le repli de 35 % que lui prédisaient les experts et celui de 37 % estimé par le Fonds monétaire international, mais cela reste considérable.

Suivant un premier recul de 5 % en rythme annualisé durant les trois premiers mois de l’année, l’économie américaine a ainsi fondu de 10,6 % au cours des six premiers mois de l’année, sa pire contraction depuis celles subies durant la Grande Dépression et durant la démobilisation de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, a observé jeudi l’économiste Gregory Daco, d’Oxford Economics.

« Mais plus que son envergure, c’est la vitesse de cette récession qui frappe, avec un déclin 2,5 fois plus prononcé que durant la crise financière de 2008-2009, mais en seulement deux mois contre 18 pour l’autre. »

Ce plongeon de l’économie au deuxième trimestre « reflète la réponse apportée à la COVID-19, avec des mesures de confinement imposées en mars et en avril », avant d’être « partiellement [compensées] par la réouverture d’une partie de l’activité dans certaines régions du pays en mai et en juin », a expliqué jeudi le département américain du Commerce au moment de dévoiler ces sombres résultats.

Cela s’est traduit notamment par un effondrement, toujours en rythme annualisé, de presque 35 % de la consommation, de 27 % de l’investissement des entreprises et de 64 % des exportations.

Modeste rebond

L’ampleur de la chute et la levée des mesures de confinement à partir du mois de mai font espérer un rebond au troisième trimestre, « mais la balle va rebondir moins haut qu’elle le devrait », a prévenu l’économiste en chef du Crédit Suisse, James Sweeney, dans le Wall Street Journal. C’est que, depuis quelque temps, la réaugmentation des cas de contamination par le virus et les mesures prises pour le contrôler commencent à peser sur l’activité économique », avait noté mercredi le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell.

Le chômage est même reparti à la hausse depuis deux semaines, avec 1,43 million de nouvelles demandes de prestations du 20 au 25 juillet seulement et un total de 17 millions de prestataires la semaine d’avant, a rapporté jeudi le département américain du Travail.

Jusqu’à présent, l’aide d’urgence des gouvernements a largement contribué à amortir le choc pour les particuliers, permettant même, au deuxième trimestre, une augmentation de leur revenu disponible de 42 % en rythme annualisé, fait valoir Benoit P. Durocher, économiste principal au Mouvement Desjardins. Une bonne partie de cette aide doit toutefois arriver à son terme à la fin du mois et les discussions sur son prolongement étaient encore dans une impasse au Congrès jeudi.

Si près, si loin

Le recul économique essuyé par l’Allemagne au deuxième trimestre a aussi été historique. Le repli de 10,1 % du PIB en l’espace de seulement trois mois a plongé la première économie européenne dans sa pire récession de l’après-guerre.

Comparativement à la même date l’an dernier, l’économie allemande avait ainsi fondu de 11,7 %.

Toutefois, contrairement aux États-Unis, le pays affiche désormais une situation sanitaire meilleure que celle de ses voisins, a vu se stabiliser son taux de chômage depuis le mois de juin (à 6,4 % contre 11,1 % aux États-Unis) et pourra, au cours des prochains mois, compter sur de nouvelles mesures d’aide aux particuliers et de stimulation économique de 130 milliards d’euros adoptées en juin, auxquelles viendra s’ajouter le plan de relance européen de 750 milliards d’euros décidé par les 27 à Bruxelles il y a deux semaines.

Le pays n’est toutefois pas à l’abri d’un retour du coronavirus. Comme d’autres pays européens, l’Allemagne a été témoin, en effet, d’une recrudescence des infections à la faveur des vacances estivales et l’institut allemand de veille épidémiologique Robert Koch a exprimé mardi « ses grandes inquiétudes » face au chiffre en hausse.

Avec l’Agence France-Presse

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