L’investissement s’accélère dans les protéines végétales

La pandémie serait venue accélérer l’attrait pour les protéines végétales.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La pandémie serait venue accélérer l’attrait pour les protéines végétales.

À la recherche du prochain Beyond Meat, dont l’action est en hausse de 400 % depuis son inscription en Bourse en mai 2019, les investissements se sont multipliés dans le segment des protéines végétales. La pandémie serait venue accélérer les choses.

« L’environnement post-COVID a fait de 2020 une année charnière pour le marché des protéines durables. En six mois seulement, le secteur a attiré le double d’investissements de l’année dernière », lit-on dans une étude publiée lundi par FAIRR (Farm Animal Investment Risk and Return). Les investisseurs en capital de risque auraient ainsi injecté 1,1 milliard $US après six mois cette année dans les startups, ou jeunes pousses, s’activant dans le remplacement des protéines animales, contre 457 millions $US pour l’ensemble de 2019.

Les succès boursiers de Beyond Meat ne sont pas étrangers à cette manifestation d’intérêt, l’action du producteur de mets à base de protéines végétales s’échangeant aujourd’hui à près de 127 $US, contre un prix d’émission de 25 $US en mai 2019. L’action a clôturé sous les 67 $US au terme de la première journée de son entrée en Bourse, pour toucher un sommet autour de 235 $US le 26 juillet.

La pandémie y serait également pour quelque chose. « La grande distribution ainsi que les fabricants font face à une augmentation de la demande pour les produits d’origine végétale, notamment en raison des craintes du public par rapport aux liens entre la production de viande et la COVID -19 ainsi que d’autres maladies comme la fièvre porcine africaine », ajoute FAIRR.

La coalition vise à inciter les producteurs et détaillants alimentaires mondiaux à diversifier leurs sources de protéines pour stimuler la croissance et réduire les risques et l’empreinte carbone dans un monde à ressources limitées. L’étude du réseau mondial d’investisseurs accordant la priorité aux investissements selon les critères ESG (environnement, social et de gouvernance) souligne ainsi que deux sociétés de l’industrie agroalimentaire sur cinq — totalisant 459 milliards $US de chiffre d’affaires — ont désormais des équipes consacrées au développement et à la mise en marché de protéines végétales comme option de remplacement aux produits laitiers et à la viande. « Tesco et Unilever tiennent le haut du pavé et se positionnent favorablement au sein du marché croissant des protéines alternatives. Costco et Kraft Heinz ont pris du retard alors qu’Amazon, dont la présence dans le marché de l’agroalimentaire ne cesse de grandir, reste silencieux quant à sa stratégie de transition vers les protéines écoresponsables », prend-il soin de préciser.

BNN Bloomberg, citant des chiffres de l’agence Neilsen, écrit que les achats de substitut de viande à base de plantes ont bondi de 264 % cette année. Il est prévu que le marché de la protéine dite durable atteigne les 18 milliards $US d’ici 2025. Outre les modifications des choix alimentaires des consommateurs, l’impact environnemental demeure la clé du changement graduel d’orientation. Il est rappelé que la chaîne d’approvisionnement en protéines animales est très vulnérable aux impacts matériels du réchauffement climatique. « Bien que l’agriculture, incluant la sylviculture, compte pour près de 30 % du total des émissions de gaz à effet de serre, les objectifs des sociétés ont historiquement failli à considérer l’empreinte carbone de l’élevage et de ses chaînes d’approvisionnement », affirme-t-on.

« Goldman Sachs indique que la production agricole animale, aux côtés du secteur pétrolier, est considérée comme étant l’un des deux secteurs les plus précaires dans lesquels investir l’an prochain […] Et des pertes de 13 milliards de dollars sont prévues pour l’industrie du bétail aux États-Unis en 2020 », entraînant de nombreuses fermetures d’usine de transformation aux États-Unis, poursuit FAIRR dans son étude.

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