Le Cirque du Soleil accepte une offre d’achat de ses créanciers

<p>Selon l'offre d'achat, la dette du Cirque serait réduite à environ 300 millions de dollars US et un fonds serait également mis en place pour retenir des employés et payer d’ex-travailleurs et artisans.</p>
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir

Selon l'offre d'achat, la dette du Cirque serait réduite à environ 300 millions de dollars US et un fonds serait également mis en place pour retenir des employés et payer d’ex-travailleurs et artisans.

Les créanciers du Cirque du Soleil sont en voie de prendre le contrôle de l'entreprise de divertissement puisque leur dernière offre d'achat, dans laquelle les contribuables québécois n'auront pas à contribuer financièrement à la relance et qui écarterait les actionnaires actuels, a été acceptée.

Cet accord doit être présenté vendredi devant la Cour supérieure du Québec et devra recevoir l’aval du tribunal afin d’être considéré comme soumission d’amorce en lever de rideau de la mise aux enchères de la compagnie — un processus qui devrait culminer vers la fin du mois d'août si des offres rivales sont déposées..

« La coopération du groupe des créanciers a été extraordinaire afin d’atteindre notre objectif visant à recapitaliser le Cirque, a commenté Gabriel de Alba, le directeur général et associé de Catalyst Capital Group (le principal créancier) dans une déclaration, jeudi. Catalyst et les créanciers s’engagent à respecter l’histoire du Cirque. »

Les prêteurs, qui détiennent la dette garantie d'environ 1 milliard de dollars US du Cirque, injecteraient jusqu'à 375 millions de dollars d'argent frais, et maintiendraient le siège social de la compagnie à Montréal, selon une source au fait du dossier, mais qui n'est pas autorisée à s'exprimer publiquement. La dette serait réduite à environ 300 millions de dollars US et un fonds serait également mis en place pour retenir des employés et payer d'ex-travailleurs et artisans.
 

Cette nouvelle offre écartera l’arrangement évalué à environ 420 millions de dollars US et annoncé avec les actionnaires actuels, le fonds texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec, le 29 juin, lorsque le Cirque s’est tourné vers la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Ceux-ci misaient sur le prêt de 200 millions de dollars US offert par l’État québécois.

« L'apport de capitaux constitue seulement une première étape dans la relance d'un Cirque en santé », a souligné dans une déclaration le trio d'actionnaires, sans indiquer s'il comptait revenir à la charge avec une offre bonifiée si c'est la proposition des créanciers qui obtient le statut de soumission d'amorce.

>Privé de revenus depuis la mi-mars en raison de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de COVID-19, le Cirque a annulé ses 44 spectacles et a licencié quelque 3480 personnes. Ses créances totalisent plus de 1,6 milliard de dollars US.

Lors du processus d’enchères, d’autres acquéreurs potentiels pourront déposer une offre. Dans le cadre d’une audience devant la Cour supérieure, vendredi dernier, l’avocat représentant Québecor avait laissé entendre que le conglomérat comptait tenter sa chance.

 

À voir en vidéo