Une vague de faillites pointe à l’horizon

Près de 35% des hôtels et restaurants pourraient poursuivre leurs activités à leur niveau actuel de revenus et de dépenses pendant moins de six mois avant de devoir envisager d’autres mesures relatives au personnel, la fermeture ou la faillite.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Près de 35% des hôtels et restaurants pourraient poursuivre leurs activités à leur niveau actuel de revenus et de dépenses pendant moins de six mois avant de devoir envisager d’autres mesures relatives au personnel, la fermeture ou la faillite.

Six mois, pas plus. Pour près de 20 % des sociétés canadiennes, voilà l’échéance au-delà de laquelle elles seront incapables de mener leurs activités sans avoir à prendre, encore une fois, d’autres mesures pour combattre l’effet de la pandémie sur les revenus et les dépenses. Selon le dernier coup de sonde mené en juin par Statistique Canada, le problème est plus sévère dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration et de la culture.

De plus, au moment où les différents paliers de gouvernement cherchent l’équilibre entre des consignes sanitaires efficaces pour prévenir de nouvelles éclosions et un certain redémarrage économique, 80 % des entreprises ont ou auront besoin d’équipement de protection individuelle.

Cependant, une entreprise sur cinq est aux prises avec des problèmes d’approvisionnement ou s’attendait à l’être.

34,7%
C’est le pourcentage des entreprises dans le domaine de l’hébergement et de la restauration au pays qui prévoient devoir envisager des réductions de personnel, une fermeture ou une faillite si la crise se poursuit au-delà de six mois.

Cette deuxième phase de l’analyse continue de Statistique Canada sur l’incidence de la COVID sur le fonctionnement des entreprises lève encore une fois le rideau sur la complexité qu’entraîne la crise au chapitre des finances des sociétés, qui ont réduit les heures de travail et le niveau de personnel tout en ayant recours au programme fédéral de subvention salariale, entre autres, pour se maintenir à flot.

« La deuxième phase du sondage montre que les entreprises s’adaptent à une phase nouvelle et paradoxale de la pandémie, au cours de laquelle les sociétés procèdent à une réouverture; car elles ne peuvent plus se permettre de demeurer fermées. Elles peinent à boucler leurs fins de mois avec des niveaux de dépenses pré-COVID, mais des revenus en baisse significative », a indiqué mardi le président de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty.

De manière spécifique, 19,3 % des entreprises ne pourront faire plus de six mois sans recourir à « d’autres mesures relatives au personnel, la fermeture ou la faillite », un pourcentage qui grimpe à 34,7 % dans l’hébergement et la restauration, à 31,5 % dans les secteurs de l’information et des industries culturelles, et à 27 % dans les arts et spectacles.

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Réembaucher ?

Par ailleurs, un peu plus de 20 % des entreprises ont été acceptées au programme fédéral de subvention salariale. Dans le quart des cas, cela leur a permis de rappeler 100 % des employés qui avaient été mis à pied. Dans la moitié des cas, on a réembauché 30 % des employés.

L’effet semble s’arrêter là, a prévenu M. Beatty. L’enquête démontre que 66 % des entreprises croient que le niveau des effectifs sera stable sur les trois prochains mois, a-t-il souligné en plaidant pour l’élargissement des critères d’admissibilité au programme.

Les associations de PME militent depuis le début de la crise pour des mesures les plus souples possible afin de permettre aux entreprises de survivre en évitant d’avoir à brûler leurs liquidités au point de tituber vers la faillite.

La moitié des entreprises sondées par Statistique Canada ont indiqué que leurs revenus ont chuté de plus de 30 % en avril 2020 par rapport à l’an dernier, et le tiers des sociétés ont vu leur chiffre d’affaires fondre de moitié, sinon plus.

Les deux tiers (63,7 %) des entreprises ont dit que leurs demandes d’aide financière ont été acceptées (par un gouvernement ou une institution), un chiffre qui grimpe à 72 % au Québec. Quant au programme fédéral de subvention salariale, qui couvre 75 % du salaire d’un employé, 22 % des demandes ont été autorisées.

Un représentant de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante avait dit au Devoir en avril que certaines petites sociétés ne pourraient peut-être même pas payer le 25 % qui reste.