Le Cirque invite ses créanciers aux enchères

Au Canada, le Cirque, qui est privé de revenus en raison de la pandémie de COVID-19, s’est tourné vers la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), une décision qui s’est notamment soldée par 3480 licenciements
Photo: Cirque du Soleil Au Canada, le Cirque, qui est privé de revenus en raison de la pandémie de COVID-19, s’est tourné vers la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), une décision qui s’est notamment soldée par 3480 licenciements

Alors que le plan de relance du Cirque du Soleil est critiqué par ses créanciers, l’entreprise de divertissement invite plutôt ceux-ci à participer aux enchères s’ils tiennent à ce point à en devenir les nouveaux propriétaires.

Dans le cadre d’une audience qui s’est déroulée jeudi dernier devant un tribunal des faillites au Delaware, les avocats de la compagnie québécoise ont répliqué à certaines des doléances exprimées par le groupe formé de 13 institutions, dont la firme torontoise Catalyst Capital Group, qui détient sa dette garantie d’environ 1 milliard $US. « Il y a une solution très simple ici, ils peuvent participer au processus et nous les invitons [à le faire], fait valoir l’un des avocats qui représentent le Cirque, Aparna Yenamandra, dans une transcription. C’est exactement ce pour quoi le processus a été mis sur pied. »

Au Canada, le Cirque, qui est privé de revenus en raison de la pandémie de COVID-19, s’est tourné vers la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), une décision qui s’est notamment soldée par 3480 licenciements. En territoire américain, une protection similaire a été sollicitée — et obtenue — auprès des tribunaux.

Il y a une solution très simple ici, ils peuvent participer au processus et nous les invitons [à le faire]

 

Les créanciers de la société ont mal digéré la convention d’achat intervenue avec les actionnaires actuels, le fonds texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec. Les prêteurs estiment que cette proposition ne devrait pas être considérée comme le point de départ des enchères. Ils estiment que c’est plutôt leur offre, qui ne prévoit pas de soutien financier de l’État québécois et qui maintiendrait le siège social du Cirque à Montréal, qui devrait être privilégiée. C’est ce qu’ils veulent notamment faire valoir lors de la prochaine audience prévue le 10 juillet devant la Cour supérieure du Québec.

Liquidités en baisse

Si l’entreprise de divertissement s’est placée à l’abri de ses créanciers, ce n’était pas pour couper l’herbe sous le pied à ceux-ci, selon elle, mais parce que ses finances seraient encore plus serrées à la fin du mois de septembre, lorsque le processus actuel doit culminer, puisque les liquidités s’amenuisent chaque semaine. « La réalité est que nous n’avions tout simplement plus suffisamment de temps devant nous pour faire avancer leur proposition [aux prêteurs] », a fait valoir M Yenamandra.

De son côté, l’avocat qui représente le groupe de créanciers, Evan Fleck, a plutôt fait valoir que le Cirque n’avait pas besoin de faire appel aussi rapidement à la LACC — une décision qu’il a qualifiée de « choquante » pour ses clients —, en rappelant qu’un financement d’urgence de 50 millions $US avait été obtenu en mai dernier. Étant donné qu’il y a toujours de l’argent dans les coffres, Me Fleck s’est demandé pourquoi l’entreprise de divertissement avait décidé de conclure, de manière précipitée, une convention d’achat avec ses actionnaires actuels.

« Jusqu’à maintenant, la débitrice n’a fourni aucune justification, à notre avis, qui semble crédible pour justifier ce qui semble être une négociation [de gré à gré avec ses actionnaires] », a fait valoir Me Fleck.

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