La confusion règne autour des postes des futurs préposés

Un futur préposé aux bénéficiaires et son enseignante, au Centre de formation des Faubourgs, à Montréal
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Un futur préposé aux bénéficiaires et son enseignante, au Centre de formation des Faubourgs, à Montréal

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, l’a répété sur toutes les tribunes jeudi : les étudiants qui suivent la formation accélérée de préposé aux bénéficiaires en CHSLD obtiendront un poste à temps complet et gagneront 49 000 $ par année. De belles promesses qui ne réussissent pas le test de la réalité, rétorquent les syndicats.

« Le salaire de 26 $ l’heure, c’est de la poudre aux yeux », dit Marjolaine Aubé, présidente du syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Laval.

Le taux horaire de base d’un préposé aux bénéficiaires est de 20,55 $.

Pour atteindre 26 $ l’heure, il faut cumuler toutes les primes possibles, dit Marjolaine Aubé, qui les énumère : la prime COVID-19 de 8 % (accordée aux employés en zone rouge), la prime d’assiduité de 1000 $ mise en place durant la pandémie, la prime temporaire offerte aux travailleurs en CHSLD (180 $ pour chaque bloc de 750 heures), la prime de non-chevauchement de quart de 2 %, la prime de soir ou de nuit ainsi que la prime de fin de semaine.

« Si tu additionnes tout ça, tu peux te rendre à 26 $ », conclut-elle.

Et le temps complet ? « Oubliez ça ! dit Marjolaine Aubé. Pour faire du temps complet, il va falloir qu’ils soient disponibles dans plusieurs établissements. Et on ne veut plus cela, pour éviter la contamination des résidents et des travailleurs. »

Au CISSS de Laval, entre 100 et 200 préposés aux bénéficiaires figurent sur la liste de rappel, estime Marjolaine Aubé. Plus de 40 % des postes de préposé, ajoute-t-elle, sont à temps partiel. « Ce sont les gens à temps partiel et sur appel qui vont passer en premier pour les postes à temps complet, dit-elle. Dans tous les syndicats, le poste, tu l’obtiens par ancienneté. »

La « confusion » règne

Le Devoir a interpellé mercredi divers CIUSSS et CISSS au sujet du temps complet des futurs préposés. Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a répondu, mercredi en fin de journée, qu’« actuellement, nous ne pouvons pas garantir un nombre de jours travaillés à la fin de la formation en raison de nos conventions collectives », avant d’ajouter que « les besoins sont [toutefois] immenses ».

Sylvie Nelson, présidente du Syndicat québécois des employées et employés de service, affilié à la FTQ, croit que le gouvernement Legault « est déconnecté des contrats de travail avec les établissements ». « Il n’en est pas à sa première improvisation », dit-elle.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) soutient que les CIUSSS et CISSS ne sont pas en mesure de promettre des postes à temps plein aux futurs préposés actuellement en formation accélérée. « C’est d’ailleurs ce que nous a dit la partie patronale lors d’une table de discussion qu’on a eue avec elle mercredi », dit son président, Jeff Begley. Pas étonnant, ajoute-t-il, que la « confusion » règne.

Pour régler la question salariale, Marjolaine Aubé demande au gouvernement d’accepter l’offre syndicale. Les préposés aux bénéficiaires souhaitent obtenir une augmentation salariale de 3 $ l’heure la première année, 1 $ de plus la deuxième et 1 $ supplémentaire la troisième. Les négociations avec Québec se poursuivent.

Malgré les enjeux soulevés par les syndicats, la ministre Marguerite Blais persiste et signe. En fin de journée jeudi, son cabinet a réitéré que le gouvernement respecterait son engagement quant au salaire de 49 000 $ et au temps plein des futurs préposés.

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