Le Canada ne pourra compter que sur ses propres forces, craint Macklem

Le nouveau gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, lors d’une allocution le 1er mai dernier
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le nouveau gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, lors d’une allocution le 1er mai dernier

Le Canada ne devrait pas trop compter sur ses partenaires commerciaux pour l’aider dans sa reprise économique, prévient le nouveau gouverneur de la Banque du Canada.

Pays dont la prospérité repose fortement sur le commerce international, le Canada « est parvenu à se tirer relativement bien » de l’escalade des tensions commerciales qui a secoué le monde ces dernières années, s’est félicité mardi Tiff Macklem lors de sa première sortie publique depuis qu’il a succédé à Stephen Poloz à la tête de la banque centrale canadienne. Toutefois, la pandémie de coronavirus et la crise économique qu’elle a provoquée n’ont pas manqué d’inciter des entreprises à chercher des façons « de raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement » et de faire augmenter le risque « que les pays se referment plus sur eux-mêmes et que le protectionnisme augmente ».

Dans ce contexte, a-t-il dit, « il sera important pour le Canada d’avoir une voix sur la scène internationale. Mais la réalité est que nous devrons probablement beaucoup plus compter sur notre croissance interne que nous l’avons fait dans le passé, du moins pour un certain temps ».

Commencée le mois dernier en même temps que les gouvernements entreprenaient le déconfinement graduel de leurs économies, la reprise au Canada s’annonce lente et longue, a estimé le gouverneur. « Un jour, l’économie aura retrouvé son erre d’aller et nos taux d’intérêt pourront revenir à des niveaux plus normaux. Mais nous sommes dans un trou profond et il nous faudra beaucoup de temps pour en sortir. »

Aux députés qui le pressaient de donner plus de détails sur son évaluation de la situation économique, Tiff Macklem a répondu qu’ils devront attendre le mois prochain que la Banque ait terminé et puisse dévoiler la mouture estivale de son Rapport sur la politique monétaire. Il les a prévenus cependant que le degré élevé d’incertitude l’empêchera, comme la dernière fois, en avril, de produire des prévisions économiques chiffrées et qu’on optera plutôt pour « un scénario central » et une énumération de facteurs de risques qui pourraient le faire dévier.

Dans ses prévisions économiques de la semaine dernière, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a prédit au Canada un recul étourdissant de son économie de 8 % cette année et de 9,4 % en cas de deuxième vague de la pandémie.

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