Loblaw offrira une autre prime à ses salariés

Le géant Loblaw offrira une prime de remerciement, en un seul versement, à ses travailleurs qui ont été au front au plus fort de la pandémie.
Chris Young La Presse canadienne Le géant Loblaw offrira une prime de remerciement, en un seul versement, à ses travailleurs qui ont été au front au plus fort de la pandémie.

À mesure que le déconfinement s’étend au Québec, les primes de 2 $ l’heure que touchent les travailleurs dans le domaine de l’alimentation commencent à disparaître. Ces primes de 2 $ l’heure dans les supermarchés doivent en général prendre fin le samedi 13 juin. Mais jeudi, le géant Loblaw a fait savoir que, bien que cette prime offerte à ses employés prendra bel et bien fin le 13 juin, il offrira encore une prime de remerciement, en un seul versement, à ses travailleurs qui ont été au front au plus fort de la pandémie.

Loblaw versera à ses employés l’équivalent du montant de la prime pour une période de deux semaines, basé sur la moyenne des heures de travail durant la période de 14 semaines de la pandémie. Selon le syndicat Unifor, elle serait de 160 $ pour un employé travaillant 40 heures par semaine. Loblaw souligne que cette « belle récompense additionnelle » coûtera 25 millions.

Dans une déclaration transmise par courriel jeudi après-midi, la direction de Metro a également fait savoir que la prime de 2 $ l’heure prendra fin le 13 juin. « En guise de reconnaissance additionnelle, nos employés à temps plein recevront un montant de 200 $ et nos employés à temps partiel, un montant de 100 $ qui sera versé d’ici le 2 juillet », a précisé Metro.

La Presse canadienne n’avait pas encore reçu de réponse de Sobeys (IGA) au moment où ces lignes étaient écrites.

Olymel

Chez Olymel, Richard Vigneault, des communications corporatives, a précisé que les primes prendraient fin le 22 juin. Elles avaient été annoncées le 24 mars, en même temps que plusieurs mesures de protection au sein de l’entreprise d’abattage et de transformation alimentaire.

M. Vigneault précise que « la très grande majorité » des 15 000 employés d’Olymel au Canada en auront bénéficié pendant trois mois. « La direction d’Olymel pense qu’on doit revenir aux conditions du marché. Ça a été un effort financier considérable », a fait valoir M. Vigneault.

Syndicats

De son côté, le principal syndicat du secteur, les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), affilié à la FTQ au Québec, s’est montré déçu que les employeurs de divers secteurs choisissent de cesser de payer la prime COVID-19 pendant que la pandémie continue. Ce sont d’ailleurs les TUAC qui avaient négocié ces primes, au début de la pandémie.

Le syndicat des TUAC estime que la pandémie aura au moins eu le mérite de relever l’importance stratégique de ces travailleurs dans les supermarchés, le commerce de détail et l’alimentation — des travailleurs qui sont trop souvent dans l’ombre.

Chez Unifor on s’est fait plus cinglant dans son opposition à la décision de Loblaw de mettre fin à la prime. « La pandémie n’est pas terminée. Le danger n’est pas derrière nous. Ces travailleurs ne sont pas moins à risque et ne sont pas moins essentiels aujourd’hui qu’hier », a déclaré le président national Jerry Dias.

« Les travailleuses et travailleurs du commerce de détail ont toujours été essentiels, ils ont toujours mérité beaucoup mieux. Ce n’est pas la pandémie qui a rendu ces travailleurs essentiels et ce n’est pas elle qui a créé les inégalités dans le commerce de détail, elle les a simplement exposées. »

Unifor milite pour qu’un salaire équitable soit versé de façon permanente. De nombreux travailleurs du secteur sont contraints d’occuper plus d’un emploi à temps partiel pour s’en sortir. « Nous avons vu, dans le secteur des soins de longue durée, à quel point il est dangereux pour ces travailleurs essentiels de passer d’un emploi à l’autre. Il n’en va pas autrement dans le commerce de détail », a déclaré M. Dias.

« Unifor met en garde tous les employeurs du commerce de détail, le retour à la normale n’aura pas lieu pour ces travailleurs, parce que la normale n’était pas suffisante. »

Avec Le Devoir

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