Des vols d’Air Transat reprendront dès le 23 juillet

Transat A.T. est prête à rembourser ses clients s’il y a un soutien financier des gouvernements.
Photo: Getty Images Transat A.T. est prête à rembourser ses clients s’il y a un soutien financier des gouvernements.

Transat A.T. est prête à rembourser ses clients dont les vols ont été annulés en raison de la pandémie de COVID-19, à condition qu’un soutien financier des gouvernements soit au rendez-vous, fait valoir son président et chef de la direction, Jean-Marc Eustache.

« Je dis clairement aux différents paliers de gouvernement : aidez-nous à trouver une solution qui soit acceptable pour toutes les parties prenantes, nous ne demandons pas mieux », a-t-il lancé, jeudi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre.

Parallèlement à une perte nette de 179,5 millions ou 4,76 $ par action, au terme de la période de trois mois terminée le 30 avril, le voyagiste, qui était à l’arrêt depuis le 1er avril en raison de la crise sanitaire, a annoncé qu’il comptait graduellement reprendre du service à compter du 23 juillet. Il a également adopté un ton très prudent à l’égard de la transaction devant lui permettre de passer sous l’aile d’Air Canada.

Plutôt que d’offrir des remboursements, les compagnies aériennes canadiennes ont généralement offert des crédits aux clients qui ont payé des voyages n’ayant jamais eu lieu en raison de la crise sanitaire. Cette approche a été vivement critiquée par plusieurs membres de la classe politique et des groupes de défense des consommateurs. « Nous comprenons tout à fait que certains d’entre eux n’ont pas l’intention ou la possibilité de voyager et souhaiteraient un remboursement, a dit le patron de Transat A.T. Nous souhaiterions également pouvoir le proposer, à condition que le fardeau ne soit pas excessif. »

À la fin avril, les « dépôts de clients et revenus différés », essentiellement des sommes versées pour des voyages à venir, reçus par la société mère d’Air Transat s’élevaient à 605 millions.

Si elle demeure « fermement engagée » à l’endroit de la transaction avec Air Canada, Transat A.T. a prévenu que « certains facteurs hors de son contrôle et liés à la pandémie » pourraient influencer le « résultat » de l’arrangement proposé de 720 millions. Puisque le secteur aérien s’est effondré en raison de la COVID-19, il pourrait être plus difficile de parvenir à un accord avec les autorités réglementaires à propos des concessions souvent nécessaires afin d’obtenir leur feu vert.

« Il y a des craintes que la transaction ne soit menacée, d’autant plus que le secteur de l’aviation est durement touché et risque de mettre entre trois et cinq ans à se relever », a souligné l’analyste Mona Nazir, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, dans une note envoyée aux investisseurs.

Retour progressif

En ce qui a trait à la reprise graduelle du service d’Air Transat, il se fera au fur et à mesure que les restrictions de voyage le permettent. Au Canada, par exemple, une quarantaine de 14 jours est obligatoire pour toutes les personnes qui entrent au pays. Transat A.T. espère que le gouvernement Trudeau apportera des assouplissements rapidement.

Transat A.T. offrira 23 liaisons internationales pendant l’été, de même qu’un programme de vols intérieurs. Depuis Montréal et Toronto, 13 destinations européennes — en France, au Royaume-Uni, en Grèce, en Italie et au Portugal — seront accessibles. Cela pourrait toutefois changer si les restrictions de voyage demeurent trop contraignantes. Des vols sont également prévus vers cinq destinations soleil, soit le Mexique, la République dominicaine, Cuba, Haïti et la Floride, dans le sud des États-Unis.

En plus d’avoir creusé sa perte nette au deuxième trimestre, Transat A.T. a vu ses revenus fléchir de 36 %, à 571,3 millions. Abstraction faite des éléments non récurrents, la perte ajustée de Transat A.T. s’est chiffrée à 38,8 millions, ou 1,03 $ par action, par rapport à une perte ajustée de 6,4 millions, ou 17 cents par action, au deuxième trimestre l’an dernier.

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