Le gouvernement rejette une étude de l’OPC sur le prix des aliments

Le chef péquiste intérimaire, Pascal Bérubé, soupçonne que des commerçants ont peut-être profité de la situation.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef péquiste intérimaire, Pascal Bérubé, soupçonne que des commerçants ont peut-être profité de la situation.

Le gouvernement Legault a rejeté la tenue d’une enquête de l’Office de la protection du consommateur (OPC) sur le prix des denrées dans les supermarchés durant la crise de la COVID-19.

Le Parti québécois (PQ) a déposé mardi une motion en ce sens, mais le leader du gouvernement en Chambre, Simon Jolin-Barrette, a refusé d’en débattre. En conférence de presse, le chef intérimaire péquiste, Pascal Bérubé, a fait valoir que tous les consommateurs ont remarqué la hausse du prix d’un grand nombre de produits. Il soupçonne que des commerçants ont peut-être profité de la situation.

« On aimerait avoir un portrait de ce qui s’est passé en temps de pandémie pour comprendre comment c’est possible, pour comprendre s’il y a des gens qui se sont enrichis aux dépens de la pandémie, d’autant plus que les épiceries avaient presque un monopole — les restaurants étaient fermés à bien des égards. »

M. Jolin-Barrette a refusé le consentement pour en débattre.

Selon Statistique Canada, l’indice des prix à la consommation (IPC) a diminué de 0,2 % d’une année à l’autre en avril, en baisse par rapport à la hausse de 0,9 % enregistrée en mars. L’IPC a reculé sous l’effet de la baisse des prix de l’énergie causée par la pandémie de la COVID-19. Sans l’énergie, l’IPC a augmenté de 1,6 %. La donnée renferme une croissance des prix des aliments (+3,4 %) qui s’est accélérée en avril 2020. « Parmi les composantes principales, il s’agit de la hausse la plus prononcée d’une année à l’autre », a souligné l’agence fédérale.

En détail, la hausse des ventes d’aliments secs et en conserve a coïncidé avec une hausse des prix de ces produits en avril. « Ces hausses ont coïncidé avec une augmentation de la demande d’aliments non périssables au moment où, dans la foulée des mesures d’éloignement physique qui ont été adoptées, les consommateurs ont été encouragés à réduire leur nombre de sorties à l’épicerie », retient Statistique Canada.

La hausse des ventes et les problèmes d’approvisionnement, y compris un ralentissement des expéditions transfrontalières causé par la COVID-19, ont contribué à la hausse des prix du porc (+9 %) et du bœuf (+8,5 %) en avril par rapport à avril 2019. « Les installations canadiennes de traitement des viandes ont diminué leur production, et certaines d’entre elles ont été fermées temporairement pour protéger les travailleurs pendant la pandémie », a expliqué Statistique Canada.

Les prix des produits de nettoyage ménager et du papier hygiénique ont pour leur part augmenté de façon prononcée. « Les hausses des prix coïncident avec une augmentation de la demande de produits de nettoyage et de fournitures ménagères causée par la COVID-19. »

Pression mondiale à la baisse

Pourtant, pour le quatrième mois consécutif, l’indicateur mensuel de la FAO qui suit l’évolution des prix de cinq produits alimentaires de base (produits laitiers, sucre, céréales, huiles et viandes), a reculé de 1,9 % par rapport à avril, s’établissant à 162,5 points en mai, au plus bas depuis décembre 2018, indiquait la FAO dans un communiqué publié au début du mois. Nombre de ces produits se retrouvent en surproduction dans beaucoup d’endroits du monde alors que la demande en importation a reculé en raison de la crise.

Avec La Presse canadienne

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