Deux chantiers contre la Davie

Davie devait être le candidat tout désigné pour le contrat du «Diefenbaker», les libéraux ayant déjà choisi Lévis lors du remaniement, afin de construire six brise-glaces plus petits pour la Garde côtière.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Davie devait être le candidat tout désigné pour le contrat du «Diefenbaker», les libéraux ayant déjà choisi Lévis lors du remaniement, afin de construire six brise-glaces plus petits pour la Garde côtière.

L’industrie canadienne de la construction navale, où règne une concurrence féroce, a été surprise, mardi matin, de voir deux chantiers rivaux annoncer une alliance stratégique afin de décrocher le contrat de plusieurs milliards de dollars pour la construction d’un nouveau brise-glace polaire de la Garde côtière canadienne — un contrat qui devait aller en toute vraisemblance à la Davie.

L’association-surprise entre Seaspan Marine, de Vancouver, et Heddle Shipyards, de l’Ontario, représente un type de coopération rarement vu au Canada pour les lucratifs contrats fédéraux. Les deux chantiers, tout comme le constructeur naval québécois Davie, avaient manifesté leur intérêt plus tôt cette année pour le contrat de construction du NGCC John-G.-Diefenbaker, qui doit devenir le « navire amiral » de la Garde côtière canadienne.

Mais les deux entreprises affirment maintenant qu’elles pourront être plus fortes ensemble : Seaspan construira l’essentiel du gros brise-glace polaire et Heddle fabriquera des modules et d’autres composants.

Le Diefenbaker devait à l’origine être construit par Seaspan, comme plusieurs autres navires de la Garde côtière et deux navires de soutien pour la marine canadienne. Seaspan avait été sélectionné comme l’un des deux chantiers navals, avec Irving, dans la Stratégie nationale de construction navale du Canada, annoncée par le gouvernement conservateur en 2011. Mais le gouvernement libéral subséquent a retiré à Seaspan le contrat du brise-glace l’année dernière, lorsqu’il a remanié la Stratégie nationale de construction navale ; Ottawa a ensuite demandé aux chantiers canadiens d’expliquer pourquoi ils devraient décrocher ce contrat — et comment ils comptaient respecter celui-ci.

Le Diefenbaker avait été annoncé pour la première fois par le gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2008. Lorsqu’il a été attribué à Seaspan en 2011, le coût était fixé à 720 millions — plus tard augmenté à 1,3 milliard —, avec une livraison prévue pour 2017. Mais les retards, les problèmes techniques et d’autres ennuis ont chamboulé l’échéancier et le budget, et Ottawa a retiré le navire du carnet de commandes de Seaspan l’an dernier. Le gouvernement libéral n’a toujours pas précisé à quel moment il octroiera ce contrat, alors que le coût du navire est à l’étude. Le brise-glace lourd qu’il doit remplacer, le NGCC Louis-S.-St-Laurent, a plus de 50 ans.

Lors du remaniement de la Stratégie nationale, Davie avait été ajouté aux deux autres chantiers qualifiés pour les contrats fédéraux, Seaspan et Irving. Davie devait être le candidat tout désigné pour le contrat du Diefenbaker, les libéraux ayant déjà choisi Lévis lors du remaniement, afin de construire six brise-glaces plus petits pour la Garde côtière.

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