La pandémie gruge les profits de la Banque nationale

Le nouveau coronavirus a incité jusqu’à présent la plupart des institutions financières à mettre de côté d’importantes sommes destinées à pallier des mauvaises créances.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le nouveau coronavirus a incité jusqu’à présent la plupart des institutions financières à mettre de côté d’importantes sommes destinées à pallier des mauvaises créances.

La Banque Nationale a vu ses profits fondre de 32 % au deuxième trimestre, alors que l’institution financière a provisionné 504 millions pour des pertes sur crédit — cinq fois plus qu’à la même période il y a un an — en raison de la tempête économique déclenchée par la pandémie de COVID-19.

Après la clôture des marchés financiers mardi, la sixième banque en importance au pays a dévoilé un bénéfice net de 379 millions, ou 1,01 $ par action, pour la période de trois mois terminée le 30 avril, par rapport à 558 millions, ou 1,51 $ par action, au deuxième trimestre l’an dernier.

Les analystes s’attendaient à ce que la Nationale affiche un bénéfice par action de 98 ¢, selon la firme de données financières Refinitiv.

« À l’heure actuelle, il est impossible de prédire la sévérité et la durée de la pandémie de COVID-19 et son incidence sur l’économie », a déclaré le président et chef de la direction de la Nationale, Louis Vachon, dans un communiqué où il a souligné la résilience de la banque.

32 %
C’est la baisse des profits de l’institution financière au deuxième trimestre.

Le nouveau coronavirus a incité jusqu’à présent la plupart des institutions financières à mettre de côté d’importantes sommes destinées à pallier des mauvaises créances.

Au Québec, où la pandémie a été plus sévère, le Mouvement Desjardins avait provisionné 324 millions au premier trimestre terminé le 31 mars afin de faire face à des pertes sur crédit, une somme presque trois fois plus élevée par rapport à il y a un an.

Dans le secteur consacré aux particuliers ainsi qu’aux entreprises, les bénéfices de la Nationale ont plongé de 72 %, à 65 millions, au deuxième trimestre, puisqu’il a fallu mettre de côté 301 millions. Du côté de la gestion de patrimoine, les profits ont été de 141 millions, en hausse de 21 %, puisque la dotation pour pertes sur crédit n’a été que de 4 millions.

504 millions
C’est le montant provisionné par la sixième banque en importance au pays pour des pertes sur crédit, soit cinq fois plus qu’à la même période il y a un an, en raison de la tempête économique déclenchée par la COVID-19.

Les provisions pour mauvaises créances ont été de 162 millions dans la division des marchés financiers et de 32 millions à l’international, où les bénéfices ont respectivement été de 159 millions (+1 %) et de 74 millions (+3 %).

« Malgré la situation sans précédent, nos activités résistent bien », a souligné M. Vachon. Le ratio de fonds propres de catégorie 1 sous forme d’actions ordinaires, qui mesure la résilience des banques, était de 11,4 % en date du 30 avril, au-delà du seuil minimal de 9 % exigé par les autorités canadiennes.

De plus, la Nationale a déclaré un dividende de 71 ¢ par action payable le 1er août aux actionnaires inscrits en date du 29 juin.

À la Bourse de Toronto, l’action de l’institution financière a clôturé à 57,08 $, en hausse de 3,06 $, ou 5,7 %.

À voir en vidéo