Les télécoms fières d’avoir tenu le coup face à l’explosion du télétravail

Conséquence directe des règles de confinement et de l’explosion du télétravail, les réseaux filaires de Bell, Rogers, Telus, Shaw ou Vidéotron ont soudainement eu à répondre à une hausse du volume de téléchargement.
Photo: Olivier Douliery Agence France-Presse Conséquence directe des règles de confinement et de l’explosion du télétravail, les réseaux filaires de Bell, Rogers, Telus, Shaw ou Vidéotron ont soudainement eu à répondre à une hausse du volume de téléchargement.

Les grandes compagnies de télécommunication au Canada se félicitent de la bonne tenue affichée par leurs réseaux face aux bouleversements causés par la pandémie de coronavirus, comme l’explosion du télétravail.

« La capacité d’assurer la connectivité continue des usagers pendant une période aussi changeante n’était pas aussi évidente qu’il n’y paraît », a rappelé lundi l’Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS), tout en dévoilant les résultats d’une enquête réalisée auprès d’une demi-douzaine de ses principaux membres. « Du jour au lendemain, les gouvernements, les centres de soins de santé et d’autres secteurs essentiels ont soudainement eu besoin de nouveaux services et d’une capacité accrue de connectivité. La grande partie du trafic, qui provient habituellement des entreprises, des établissements d’éducation et des réseaux wifi publics, a d’un seul coup été redirigée vers les réseaux résidentiels […]. Les périodes de pointe qui durent typiquement une ou deux heures par jour se prolongent désormais sur plusieurs heures. »

Le choc du télétravail

Conséquence directe des règles de confinement et de l’explosion du télétravail, les réseaux filaires de Bell, Rogers, Telus, Shaw ou Vidéotron ont soudainement eu à répondre à une hausse du volume de téléchargement (données allant d’Internet vers un appareil électronique) de 18 % à 49 % et du volume de téléversement (de l’appareil électronique vers Internet) de 30 % à 69 %, selon les compagnies. L’adoption massive d’outils de collaboration en ligne « très gourmands en données », comme Skype (hausse de 200 % de son utilisation, selon la firme Aternity), Teams (+ 500 %) et Zoom (+574 %), en est l’une des principales causes.

Le nombre de minutes de communication vocale sur mobile a aussi augmenté pour la plupart des répondants, dont certains ont rapporté des hausses de 44 % et même de 61 %, par rapport aux semaines de février et de mars qui ont précédé la crise au Canada.

La capacité d’assurer la connectivité continue des usagers pendant une période aussi changeante n’était pas aussi évidente qu’il n’y paraît

 

La tendance a été moins claire en ce qui a trait à l’utilisation de données mobiles, certains rapportant, là encore, des hausses du volume de téléchargement (29 %) et de téléversement (27 %), mais la plupart essuyant plutôt des reculs de 23 % et même de 37 %, « découlant du fait que les Canadiens […] ont limité leurs déplacements à l’extérieur de la maison et qu’ils utilisent davantage les services par liaison filaire ».

Cette « résilience extrême » des réseaux de télécommunication au Canada est le résultat des investissements effectués par l’industrie depuis plusieurs années, fait valoir son association. Un effort que l’on assure vouloir poursuivre, entre autres dans les régions mal desservies et dans le virage vers la prochaine génération de technologie sans fil, dite du 5G.

Alors que ses principaux membres sont souvent pris à partie par les groupes de consommateurs et les autorités réglementaires, en raison notamment de leurs prix, jugés trop élevés, et de leur manque de concurrence, l’ACTS n’a pas manqué de rappeler également les mesures spéciales d’aide prises durant la pandémie de COVID-19, comme la levée des limites de données Internet à la maison et la diminution de certains frais.

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