L’intelligence artificielle au service du transport de conteneurs

Le projet porte notamment sur le suivi des produits médicaux et agroalimentaires.
Photo: CMM Le projet porte notamment sur le suivi des produits médicaux et agroalimentaires.

Un projet du Port de Montréal et de la supergrappe d’intelligence artificielle Scale AI mis sur pied pour identifier et suivre la trace des marchandises essentielles à bord des conteneurs est suivi de très près par d’autres autorités portuaires du monde, a indiqué mardi la p.-d.g. du Port, Sylvie Vachon.

Annoncé au début du mois de mai dans le cadre d’une liste de ce que finance Scale AI pour affronter la crise de la COVID-19, le projet, qui fait aussi appel à la grappe logistique CargoM, porte notamment sur le suivi des produits médicaux et agroalimentaires, dont l’importance d’une livraison efficace a été mise en relief par les difficultés causées par la pandémie.

« Ce qu’on voudrait faire, c’est répertorier rapidement ces conteneurs-là, et lorsqu’on les a identifiés, émettre des avis au préalable aux différents partenaires de la chaîne logistique. Par exemple, pour dire que si l’on attend un bateau de 4000 conteneurs, il y en a 400 qui sont identifiés comme porteurs de produits essentiels, et on saurait que les 400 vont arriver à telle heure, seraient déchargés à telle heure, telle date », a expliqué Mme Vachon lors d’une causerie en ligne organisée par la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain.

« Toute la chaîne logistique serait avisée, et c’est comme si le conteneur avait un traitement VIP. Il pourrait être pris en charge et immédiatement sorti du port. On pourrait même suivre sa trace jusqu’à destination », a poursuivi Mme Vachon.

Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La p.-d.g. du Port de Montréal, Sylvie Vachon

Selon la p.-d.g. du Port de Montréal, plusieurs ports au Canada et ailleurs — notamment dans le collaboratif chainPORT, qui regroupe 13 autorités dans le monde, dont Montréal, Hambourg, Rotterdam, Shanghai et Singapour — attendent les résultats « pour voir si on est capable de développer cet algorithme ». Elle a ajouté que « probablement [...] les firmes comme Ivado Labs [qui participe aussi au projet] pourront exporter cette expertise-là parce que ça va intéresser tout le monde, au Canada et à l’international ».

Le port de Montréal a vécu deux chapitres importants de son histoire en quelques mois. Quelques semaines avant la pandémie, l’autorité portuaire a eu à gérer les conséquences des barricades ferroviaires, qui ont eu pour effet de coincer au Port un certain nombre de conteneurs destinés à l’Ontario et au Midwest américain.

« On s’est retrouvés avec une situation où les conteneurs qui arrivent chez nous pour sortir vers l’extérieur du pays, ou qui entrent chez nous, devaient être entreposés temporairement parce qu’il y a avait des entreprises qui ne pouvaient pas les recevoir. Évidemment, c’est une situation qui ne pouvait pas durer. D’une part, si on bloque la porte d’entrée, le problème va être beaucoup plus grand. Aussi, démêler toute cette marchandise-là, le faire sur les terrains du Port, ce n’est pas évident non plus. » La grappe CargoM a rapidement fait un inventaire de terrains disponibles pour trouver 1,6 million de pieds carrés d’espace intérieur et 17 millions de pieds carrés extérieurs. Le Port ne pouvait « pas devenir un entrepôt à ciel ouvert », a dit sa p.-d.g. « On n’a pas vraiment vécu de situation de congestion. Je pense qu’on l’a juste prise au bon moment pour l’éviter. »

La pandémie a cependant eu pour effet de modifier en profondeur la gestion des activités, au premier chef à cause des mesures sanitaires mises en place avec les parties prenantes, dont les représentants syndicaux. De plus, Mme Vachon a expliqué que les ressources humaines se penchent sur le port éventuel de bracelets intelligents qui vibreraient afin d’aviser son porteur qu’il est à moins de deux mètres d’un collègue. Cette solution serait une parmi les autres. « Et dans le cas où une personne serait malheureusement atteinte, on pourrait retrouver la trace des personnes avec lesquelles elle a été en contact. »