Jusqu’à 12,5 M$US pour l’ancien patron de Bombardier

L’ancien pdg de Bombardier, Alain Bellemare
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ancien pdg de Bombardier, Alain Bellemare

Écarté de la direction de Bombardier en mars dernier au terme d’un mandat de cinq ans qui s’est soldé par la vente de plusieurs actifs, l’ancien pdg Alain Bellemare a eu droit à une indemnité de départ et d’autres avantages d’une valeur d’environ 8,9 millions $US, et cela pourrait atteindre près de 12,5 millions $US si la vente de la division ferroviaire à Alstom se concrétise.

Son successeur, Éric Martel, aura quant à lui droit à une rémunération globale — qui tient compte du salaire de base, des primes et autres avantages comme les options sur les actions — de 5,12 millions cette année. C’est près de neuf fois le traitement auquel il avait eu droit chez Hydro-Québec en 2019, dernière année de son mandat de cinq ans à titre de président-directeur général de la société d’État.

Ces informations figurent dans la circulaire de sollicitation envoyée aux actionnaires du constructeur d’avions et de trains en vue de son assemblée annuelle, qui a été reportée au 18 juin en raison de la pandémie de COVID-19 et qui se déroulera de façon hybride, c’est-à-dire à la fois physiquement et virtuelle.

Âgé de 52 ans, M. Martel a expliqué la semaine dernière que Bombardier, qui traîne une lourde dette de 9,3 milliards et qui poursuit son recentrage afin de se concentrer uniquement sur les jets d’affaires, pourrait cogner à la porte des gouvernements dans le but d’obtenir un soutien supplémentaire temporaire si les effets de la pandémie perdurent.

En trois temps

M. Bellemare a eu droit à 6,98 millions dans le cadre de son « arrangement de départ » conclu avec l’entreprise, qui a « mis fin » à l’emploi de ce dernier « sans motif valable ». Cette somme correspond à deux années de son salaire de base et tient compte de sa cible de prime annuelle ainsi que d’un ajustement de change. L’ex-président et chef de la direction pourra aussi obtenir environ 3,5 millions en deux versements liés à la cession de Bombardier Transport à Alstom, une transaction annoncée en février dernier alors qu’il était toujours en poste.

« L’indemnité de départ de M. Bellemare est conforme à ses conditions contractuelles divulguées dans les circulaires précédentes », a souligné un porte-parole de Bombardier, Olivier Marcil, dans un courriel.

M. Bellemare détient également toujours des attributions sur des actions dont la valeur est actuellement estimée à environ 1,9 million. Selon l’entreprise, la valeur de ces titres a diminué de « 10 fois par rapport à ce qui avait été déclaré dans les circulaires précédentes », alors que ses options sur ses actions n’ont plus aucune valeur à l’heure actuelle en raison du prix auquel se négocie le titre de la société.

Plusieurs millions

En 2019, M. Bellemare et ses quatre plus proches collaborateurs ont vu leur salaire global s’établir à 23,7 millions, ce qui, selon l’entreprise, constitue un recul d’environ 20 % par rapport à 2018. L’ex-patron de Bombardier a vu sa paye totale s’établir à 7,62 millions en 2019, ce qui tient notamment compte d’un salaire de base de 1,08 million. « La performance financière de la société n’a pas atteint les cibles consolidées », est-il indiqué dans le document.

L’an dernier, Bombardier a affiché une perte nette de 1,61 milliard sur des revenus de 15,8 milliards, en recul de 3 %, dans le cadre d’un exercice marqué entre autres par des problèmes persistants d’exécution au sein de sa division ferroviaire, qui doit en principe passer dans le giron d’Alstom l’an prochain.

Quant à M. Martel, son traitement prévoit un salaire de base de 866 000 $US, qui sera toutefois réduit étant donné que ce dernier a renoncé à sa rémunération pendant que les activités de Bombardier étaient au neutre au cours des dernières semaines. Ses incitatifs à court et long terme ont été fixés à 3,56 millions. Il a aussi obtenu une « autre rémunération » de 693 000 $US, qui tient compte d’une prime à l’embauche de 600 000 $.

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