Des ajustements rapides s'imposent pour les ménages

Avec l’incertitude, la demande de crédit est appelée à ralentir.
Photo: Michael Monnier Archives Le Devoir Avec l’incertitude, la demande de crédit est appelée à ralentir.

Taux de délinquance sur les prêts en hausse et érosion de l’avoir net, les ménages vont sortir de la crise liée à la COVID-19 avec une santé financière amoindrie.

Dans une petite étude publiée jeudi, l’économiste Ksenia Bushmeneva, de la Banque TD, précise que la crise sanitaire va provoquer des changements rapides, et ce, avec un scénario de base ne prévoyant pas un retour du taux de chômage à son niveau de pré-pandémie avant la deuxième moitié de 2021.

Le taux d’épargne, pour sa part, est appelé à s’accroître. Certes, il a effectué un bond lié à la période de confinement, mais l’économiste prévoit qu’il demeurera élevé malgré une reprise attendue à partir du deuxième semestre, les ménages concentrant leur attention sur leur niveau d’endettement élevé nonobstant le fait que les taux d’intérêt sont au plancher. Avec l’incertitude, la demande de crédit est appelée à ralentir au deuxième trimestre pour se contracter au troisième sous l’effet d’une baisse des ventes immobilières et des achats de biens durables. Quant au coût du service de la dette, dont le niveau élevé expliquait l’accroissement de l’insolvabilité en 2019, il va légèrement diminuer, aidé également en cela par les programmes de report des paiements.

Reste la santé financière, secouée par la chute des cours boursiers. Affaiblie également par cette donnée de l’Association des banquiers canadiens selon laquelle 720 000 Canadiens ont demandé un report de paiement hypothécaire entre mars et avril. Ils seront 900 000 en juin, estime l’économiste de la TD, touchant 18 % des prêts hypothécaires accordés.

L’économiste rappelle toutefois que l’avoir des ménages a crû de 84 % depuis 2009, la moitié venant de l’immobilier. De plus, en 2018, seulement 16 % des prêts hypothécaires consentis par les banques affichaient l’équivalent d’une mise de fonds de 20 % ou moins. Et l’économiste de conclure que les propriétaires, et ceux disposant d’une marge de manœuvre, vont mieux tenir le coup même si le taux d’insolvabilité, présentement en veilleuse, devrait croître à des niveaux de récession à la fin de l’année.