Quelle forme prendra la reprise?

La salle Le Diamant à Québec. Les arts peineront à se remettre de la crise.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir La salle Le Diamant à Québec. Les arts peineront à se remettre de la crise.

La reprise économique sera-t-elle en forme de V, de U, de L ou du logo d’une marque célèbre ? Cela dépendra des industries en cause, prédit la Banque TD, certaines d’entre elles se destinant à être encore en difficulté à la fin 2021.

Encore secoués par la terrible chute de l’activité économique et de l’emploi infligée par la pandémie de coronavirus ces dernières semaines, les entreprises et les experts se demandent maintenant quelle forme prendra la reprise à venir, littéralement.

D’abord considéré comme le scénario le plus probable, l’espoir d’une reprise en V, c’est-à-dire venant avec un rebond presque aussi marqué que la chute, apparaît de plus en plus comme trop optimiste à mesure que la crise se prolonge, constatait lundi le Wall Street Journal.

Le scénario le plus probable

Une reprise en U, avec une croissance qui resterait pendant quelques mois dans le creux de la vague avant de repartir, est désormais le scénario généralement considéré comme le plus probable.

Ce serait le plus souhaitable aussi, étant entendu qu’un autre plongeon de l’économie, causé par une deuxième vague de la pandémie, et qui donnerait une reprise en W, serait presque aussi catastrophique qu’une trajectoire en L, c’est-à-dire une simple absence de reprise.

En fait, observait déjà le mois dernier l’économiste en chef de la Banque TD Beata Caranci, cette fameuse reprise en U aura une remontée tellement lente, qu’on devrait plutôt la comparer à un crochet, ou au célèbre logo du fabricant d’équipement de sport Nike.

Ainsi, selon la TD, l’économie canadienne n’aura retrouvé que la moitié du terrain perdu à la fin de l’année et ne sera pas revenue à son niveau pré-COVID-19 avant le milieu de 2022.

Mais tous n’auront pas droit à la même forme de reprise, a précisé lundi un autre économiste de la Banque TD, Brian DePratto, après s’être penché sur la réalité particulière d’une trentaine de secteurs industriels.

Comptant normalement pour un peu plus du quart de l’économie, les secteurs comprenant la santé, l’éducation, l’administration publique, le transport de marchandises, les télécommunications, la transformation alimentaire ou encore les épiceries ont été touchés moins durement et se remettront rapidement de la crise, en une sorte de reprise en V.

Un choc violent

D’autres ont essuyé un choc beaucoup plus violent et auront aussi beaucoup plus de mal à s’en remettre, poursuit Brian DePratto.

Il s’agit notamment des restaurants et des bars, du monde des arts et du spectacle, de l’hébergement, du tourisme ou encore du transport aérien, qui ont été frappés de plein fouet par la pandémie et les mesures de confinement et de distanciation physique des gouvernements pour en freiner la progression.

Ils continueront d’en faire les frais tant que ces mesures ne seront pas complètement levées, mais, même après, l’exemple d’autres pays indiquant que les consommateurs resteront hésitants à reprendre leurs anciennes habitudes en ce domaine.

Le secteur de l’extraction du pétrole et du gaz est aussi du nombre, mais principalement, dans son cas, en raison de l’effet de la crise sur la demande mondiale.

Représentant un peu plus de 10 % de l’économie canadienne, ces secteurs afficheront encore, à la fin de 2021, un niveau d’activité inférieur d’environ 20 % à ce qu’il était avant la crise.

Pour eux, la reprise aura la forme d’un crochet dont la deuxième branche aura une pente si douce qu’on croira presque voir un L.