Bombardier tente de prévoir le reste de l’année avec ses clients

La compagnie, désormais dirigée par Éric Martel, a subi une perte de 200 millions au premier trimestre.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La compagnie, désormais dirigée par Éric Martel, a subi une perte de 200 millions au premier trimestre.

Aux prises avec une perte nette de 200 millions au premier trimestre, Bombardier ne sait toujours pas de quoi son année financière 2020 aura l’air avec précision, mais la compagnie, sous la gouverne d’Éric Martel depuis quelques semaines, travaille quand même avec ses clients et fournisseurs pour prévoir un calendrier de livraisons tout en accélérant la cadence dans ses usines.

En publiant ses résultats financiers jeudi, Bombardier, qui se concentrera uniquement sur les avions d’affaires lorsque ses activités de transport passeront dans le giron d’Alstom, a également indiqué que la Caisse de dépôt et placement du Québec a injecté 386 millions $US de plus dans cette division, ce qui servira à regarnir son coussin pour affronter la crise.

L’arrivée de l’ex-patron d’Hydro-Québec comme successeur d’Alain Bellemare en avril est survenue au terme d’une restructuration de cinq ans marquée par un recentrage majeur des activités. Le délestage de plusieurs activités, dont celui du programme CSeries qui a suscité l’indignation d’une partie de la société civile et de la classe politique, était destiné à réduire une dette de plus de 9 milliards $US.

« Vous ne m’entendrez jamais retourner sur ce qui s’est fait dans le passé. Les gens qui étaient là ont fait ce qu’il y avait à faire avec ce qu’ils avaient en main. Je regarde vers l’avenir », a affirmé M. Martel lors d’une conférence avec les médias lorsqu’on lui a demandé si le désir de transparence qu’il avait exprimé en matinée auprès des analystes se trouvait à être une critique de l’ancienne direction. « J’ai mentionné ce matin [auprès des analystes] les grandes ambitions que j’ai pour que Bombardier devienne une compagnie solide avec un esprit gagnant. »

 

« Une des attentes à l’interne sur laquelle je veux mettre beaucoup d’effort, c’est s’assurer que l’opération soit performante et prévisible », a-t-il répondu à une question portant sur le fonctionnement futur de l’entreprise. « Il y a certains endroits, entre autres au sein de [la section] Transport et peut-être même dans l’aéronautique, où on doit s’assurer que l’excellence opérationnelle et la qualité de ce que l’on fait sont au rendez-vous. »

La compagnie a suspendu ses prévisions pour 2020 en mars et estime qu’il est trop tôt pour en établir de nouvelles. De manière générale, a dit M. Martel, les analystes s’attendent à ce que l’industrie des avions d’affaires réduise de 25 à 35 % les livraisons prévues avant le début de la pandémie. La COVID créera de nouveaux besoins en aviation, selon lui.

Bombardier a toutefois mentionné qu'elle discute actuellement avec plusieurs gouvernements où elle a une présence, dont Québec et Ottawa, au sujet d'une aide supplémentaire « pour traverser une crise prolongée, si cela s'avérait nécessaire ».

Pendant ce temps, le fabricant progresse dans la vente de sa division Transport au géant français Alstom, qui devrait lui rapporter un produit net d’entre 4,2 et 4,5 milliards, dont des actions d’Alstom. La vente du programme CRJ à Mitsubishi Heavy Industries sera officialisée le 1er juin, vente qui lui rapportera 550 millions $US. Quant aux 386 millions $US de la Caisse de dépôt dans la division Transport, ils serviront à « soutenir le fonds de roulement » de la division, dont la Caisse détient maintenant 36 %.

Résultats financiers

La perte nette de 200 millions se compare à un bénéfice net de 239 millions l’an dernier. Les revenus ont atteint 3,7 milliards, en hausse de 5 % grâce à des livraisons de Global 7500 et d’une cadence plus rapide dans des projets de Transport au Royaume-Uni et en Allemagne. L’action a perdu 15 %, à 45 ¢.

Les liquidités de Bombardier sont de 3,5 milliards, ce qui inclut une encaisse de 2,1 milliards, 550 millions de la vente du programme CRJ et un crédit renouvelable de 860 millions chez Bombardier Transport.

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