Des chantiers très majoritairement en règle

Des visites express sur les chantiers de 3750 logements effectuées au cours des dernières semaines ont permis de constater que l’immense majorité d’entre eux sont en bon état malgré l’arrêt soudain des activités en mars, a indiqué mardi Garantie de construction résidentielle (GCR).

Le personnel technique de GCR, un organisme sans but lucratif dont une majorité des membres au conseil sont nommés par la Régie du bâtiment du Québec, a procédé à la vérification des lieux et des matériaux pour s’assurer que tout était en ordre, mais n’a trouvé que 128 logements devant faire l’objet d’une visite supplémentaire.

« Ça nous a réjouis de voir qu’il y avait une proportion relativement faible d’habitations qui ont présenté des problèmes », a dit en entrevue le vice-président aux communications de GCR, François-William Simard. « En même temps, c’est en droite ligne avec l’approche qu’on a mise en place depuis quelques années. Contrairement à ce qui se faisait avant, on est très axé sur la prévention, dont les inspections en chantier, pour voir quels sont les problèmes et comment on les corrige avant que le bâtiment soit livré au consommateur. »

 

« Mais si on ne fait pas cette opération-là, ce sont quand même 128 familles qui seraient aux prises, potentiellement, avec des problèmes plus tard, dans quelques années », a ajouté M. Simard.

Les 3750 logements visités représentent environ 3000 chantiers, a-t-il précisé, cela s’expliquant par le fait que certains de ces chantiers sont en fait des immeubles en copropriété. Le fait qu’une grande majorité de chantiers ne présente aucun problème sérieux signifie que les entreprises ont soit mis en place les protections adéquates, soit remplacé les matériaux devenus inutilisables aussitôt que Québec a autorisé la reprise des travaux.

Intempéries

Selon GCR, le personnel technique a pu visiter des habitations de la quasi-totalité des régions, notamment l’axe Montréal-Québec, mais aussi l’Abitibi-Témiscamingue et le Saguenay–Lac-Saint-Jean. Parmi les problèmes recensés figurent par exemple des infiltrations d’eau ou des panneaux de contre-plaqué touchés par le mauvais temps.

En temps normal, un entrepreneur est bien en mesure de planifier un arrêt des travaux, par exemple à l’approche des vacances de la construction.

« Mais là, on n’est pas dans un contexte normal. Ça s’est passé très rapidement. Le lundi, on a annoncé que le mardi à minuit tout était fermé. Ça fait probablement partie des circonstances qui expliquent que certains chantiers n’ont pas eu les protections adéquates. »

Au-delà de pouvoir dire si la faute est celle de l’entrepreneur ou non dans un tel cas, l’important est d’apporter des correctifs, « car à la fin, c’est un bâtiment qui va être livré au consommateur, et la qualité de ce qui est construit n’est pas négociable ».

Contrairement à ce qui se faisait avant, on est très axé sur la prévention, dont les inspections en chantier, pour voir quels sont les problèmes et comment on les corrige avant que le bâtiment soit livré au consommateur

Devant l’éclosion du nombre de cas de COVID-19, le gouvernement Legault a annoncé le 23 mars que des industries entières devaient suspendre leurs activités dès le lendemain. Le 13 avril, le ministre du Travail, Jean Boulet, a confirmé que la construction résidentielle de logements dont la livraison était prévue au plus tard le 31 juillet pourrait reprendre la semaine suivante, soit le 20 avril au matin.

« Toutes les personnes concernées pourront donc intégrer leur nouvelle résidence dans les meilleurs délais », avait indiqué le gouvernement.

Garantie de construction résidentielle a été fondée en 2015. Sept des treize membres du conseil d’administration sont nommés par la Régie du bâtiment du Québec, les six autres étant associés aux entrepreneurs et aux consommateurs.

Sa mission est d’être essentiellement un chien de garde pour les acheteurs, ce à quoi s’arrime l’administration du plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs.

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