Le crise plombe les échanges commerciaux

Les exportations de marchandises ont diminué de 4,7% pour se chiffrer à 46,3 milliards, ce qui représente la valeur la plus faible depuis janvier 2018.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les exportations de marchandises ont diminué de 4,7% pour se chiffrer à 46,3 milliards, ce qui représente la valeur la plus faible depuis janvier 2018.

Les statistiques de mars ont livré leur première lecture des conséquences de la pandémie sur les échanges commerciaux entre le Canada et les autres pays. Importations et exportations ont reculé à leur niveau d’il y a deux à trois ans. « En mars, bien que les frontières canadiennes soient restées ouvertes pour les biens, les importations et les exportations ont diminué de façon marquée, alors que les répercussions des mesures visant à limiter la propagation de la COVID-19 au Canada sont devenues évidentes », a souligné Statistique Canada, qui s’attend à une détérioration plus marquée en avril.

Les exportations de marchandises ont diminué de 4,7 % pour se chiffrer à 46,3 milliards, ce qui représente la valeur la plus faible depuis janvier 2018. Les importations ont fléchi de 3,5 % pour se situer à 47,7 milliards, un niveau qui n’avait pas été observé depuis octobre 2017. « D’une année à l’autre, les exportations et les importations ont baissé de près de 10 %. Le déficit commercial du Canada s’est élargi pour passer de 894 millions en février à 1,4 milliard en mars », ajoute l’agence fédérale. En volume, les exportations ont reculé de 4,8 % en mars et les importations, de 5,8 %.

Le commerce de services a été plus secoué en mars. « La valeur des exportations de services a diminué de 7,2 % durant le mois, tandis que celle des importations a chuté de 11,5 %. Les services de voyage et de transport sont particulièrement touchés », a renchéri Benoit P. Durocher, économiste principal au Mouvement Desjardins.

 
4,8 %
C’est le recul, en volume, des exportations en mars.

Effet taux de change

Statistique Canada a précisé que la baisse de 3,6 ¢US du dollar canadien entre février et mars, plombé par la chute des cours pétroliers, a également eu une incidence certaine sur le solde commercial.

« Lorsqu’exprimées en dollars américains, les exportations canadiennes ont diminué de 9,2 % en mars et les importations, de 8,1 %. Par conséquent, si le taux de change mensuel moyen avait été relativement stable en mars, les importations et les exportations auraient probablement reculé de façon plus marquée. »

Ces données ont été dominées par les arrêts de production dans l’industrie de la fabrication automobile, par une contraction du commerce d’aéronefs et d’autre matériel de transport et de pièces et par un recul des exportations de produits énergétiques sous l’effet du plongeon de la demande. Le commerce avec les États-Unis s’en est donc ressenti.

« La baisse du commerce avec les États-Unis est le principal facteur à l’origine de la diminution des importations et des exportations totales au cours du mois », a précisé Statistique Canada, avec des exportations vers les États-Unis en recul de 4,9 % et des importations en baise de 5,1 %.

Ces baisses ayant toutefois été atténuées par la faiblesse de la devise canadienne, l’excédent commercial du Canada avec les États-Unis s’est légèrement rétracté pour passer de 4 milliards en février à 3,9 milliards de dollars en mars », ajoute l’agence.

 

Outre-Pacifique, les importations en provenance de la Chine ont fléchi de 1,1 % en mars et les exportations vers ce pays, de 2,3 %.

D’une année à l’autre, les importations en provenance de la Chine ont chuté de 32,9 % et les exportations à destination de ce pays, de 16,1 % comparativement à mars 2019.

Enfin, pour l’ensemble du premier trimestre, les exportations ont diminué de 3 %, « ce qui représente une troisième baisse trimestrielle consécutive », et les importations ont reculé de 2 %, soit une quatrième diminution trimestrielle d’affilée.

« Du côté tant des biens que des services, le bilan du premier trimestre indique que le volume des importations a diminué davantage que celui des exportations. Cela laisse croire que le commerce extérieur aura une contribution légèrement positive à la variation trimestrielle du PIB réel au premier trimestre », a affirmé Benoit P. Durocher.

« Cela dit, Statistique Canada a déjà indiqué que l’ensemble du premier trimestre se soldera par une baisse du PIB réel d’environ 2,6 %, ou de près de 10 % à un rythme trimestriel annualisé. C’est donc dire que l’essentiel des difficultés de l’économie canadienne se retrouve au sein de la demande intérieure, soit les dépenses de consommation et les investissements. »

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