Grosse perte pour Air Canada

En excluant notamment l’effet des taux de change, Air Canada a affiché une perte nette ajustée de 392 millions, ou de 1,49$ l’action, après trois mois en 2020, contre un bénéfice net ajusté de 17 millions, ou de 6 cents l’action un an plus tôt.
Photo: Scott Olson Getty Images via Agence France-Presse En excluant notamment l’effet des taux de change, Air Canada a affiché une perte nette ajustée de 392 millions, ou de 1,49$ l’action, après trois mois en 2020, contre un bénéfice net ajusté de 17 millions, ou de 6 cents l’action un an plus tôt.

Évoquant la « brutalité » et la « gravité » de l’impact qu’a eu la pandémie sur les compagnies aériennes, Air Canada a inscrit une lourde perte au terme de son premier trimestre. Afin d’assurer la sécurité sanitaire de ses vols, la compagnie se dote d’un programme prévoyant notamment la vérification obligatoire de la température des clients avant le vol.

Le président et chef de la direction, Calin Rovinescu, a rappelé que les effets ont commencé à se faire sentir à la fin janvier, avec la suspension des services à destination de la Chine. L’incidence s’est nettement accentuée au mois de mars du fait des mesures de distanciation physique obligatoires, des restrictions de déplacements et de la cessation de l’activité économique dans divers pays. Au terme du premier trimestre clos le 31 mars, Air Canada a comptabilisé des revenus de 3,72 milliards, en baisse de 16 % par rapport au trimestre correspondant de 2019.

Durant cet intervalle, le transporteur est passé d’un bénéfice d’exploitation de 127 millions à une perte d’exploitation de 433 millions, ou d’un bénéfice de 345 millions à une perte de 1,05 milliard.

En excluant notamment l’effet des taux de change, Air Canada a affiché une perte nette ajustée de 392 millions, ou de 1,49$ l’action, après trois mois en 2020, contre un bénéfice net ajusté de 17 millions, ou de 6 cents l’action un an plus tôt.

Au 31 mars, ses liquidités non soumises à restrictions se chiffraient à 6,52 milliards, contre 7,38 milliards à la fin de décembre. Son passif à court terme, en excluant les produits passages perçus d’avance, s’établissait à 3,81 milliards. « Nous vivons la période la plus sombre de toute l’histoire de l’aviation commerciale », a ajouté Calin Rovinescu, qualifiant « l’éclosion abrupte de la COVID-19 » de « catastrophique ». Entre les deux trimestres de comparaison, Air Canada a vu les flux de trésorerie nets destinés aux activités d’exploitation fondre de plus de 3 milliards. En réaction, outre la réduction de la capacité de plus de 90 % pour le deuxième trimestre, Air Canada a mis en place « un important programme de compression des coûts ainsi que de réduction et de report des dépenses d’investissement ». Le transporteur s’est également prévalu de la subvention salariale d’urgence du Canada pour la plupart de ses effectifs.

La capacité pour le troisième trimestre devrait être comprimée d’environ 75 % par rapport à celle du troisième trimestre de 2019. Air Canada accélérera également le retrait de son parc de 79 appareils plus anciens.

Transat

Dans une présentation aux analystes, M. Rovinescu est demeuré silencieux à une question lui demandant de préciser l’évolution du dossier d’acquisition du voyagiste Transat A.T.

« Jusqu’à ce que nous obtenions les approbations réglementaires, il n’y a vraiment aucune mise à jour que nous puissions fournir », s’est-il limité à dire, selon le texte de La Presse canadienne. Après avoir reçu une évaluation du Bureau de la concurrence soulevant plusieurs éléments de friction, Transport Canada vient de déposer son rapport sur le bureau du ministre fédéral des Transports.

Quant à la reprise, « nous comprenons qu’une fois les restrictions gouvernementales levées, un des principaux facteurs qui aura un impact sur la reprise de la demande sera la confiance qu’ont les voyageurs jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible », a lancé M. Rovinescu. Ce qui explique le lancement du programme « SoinPropre + ».

Parmi les mesures devant être déployées d’ici le 15 mai, tous les clients seront soumis à une prise de température par thermomètre infrarouge. Aussi, en classe économique, Air Canada bloquera automatiquement la vente des places adjacentes et limitera le nombre total de places offertes à la vente pour chaque vol, une politique devant demeurer en vigueur au moins jusqu’au 30 juin.