PCUE: Trudeau fait confiance aux étudiants

Justin Trudeau ne croit pas que sa nouvelle prestation destinée aux étudiants est à ce point généreuse qu’elle découragera les jeunes à travailler cet été. Il prédit qu’ils voudront eux aussi contribuer à la relance post-pandémie.

« Je connais les jeunes Canadiens, a lancé le premier ministre jeudi. Je connais les jeunes d’à travers le pays qui vont vouloir faire partie de la solution, qui vont vouloir aider, contribuer à la relance économique à leur façon. »

Plus tôt cette semaine, M. Trudeau a dévoilé le volet « étudiant » de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) offrant 2000 $ par mois aux travailleurs ayant perdu leurs revenus à cause de la pandémie. Les étudiants qui ont perdu la perspective de décrocher un emploi d’été pourront, eux, obtenir 1250 $ par mois pendant les quatre mois d’été. Des observateurs ont soutenu au Devoir que cette mesure pourrait créer une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs, comme l’agriculture ou le commerce au détail, en émoussant le besoin des jeunes de travailler.

M. Trudeau a balayé cet effet pervers potentiel du revers de la main. « Les étudiants ont besoin d’aide », a-t-il affirmé en rappelant que, sans emploi cet été, ils auront de la difficulté à payer leurs droits de scolarité. « Je ne vais pas m’excuser d’avoir appuyé nos étudiants pendant ce moment difficile. »

Je connais les jeunes d’à travers le pays qui vont vouloir faire partie de la solution, qui vont vouloir aider, contribuer à la relance économique de leur façon

 

Aide au secteur agricole

Le Parti conservateur propose qu’Ottawa crée un programme temporaire qui jumellerait les étudiants en quête de travail avec des employeurs du secteur agricole. Ces derniers craignent une grave pénurie de main-d’œuvre cet été en l’absence d’une bonne partie des travailleurs temporaires étrangers qui n’ont pas pu venir au Canada. Les conservateurs suggèrent qu’Ottawa verse lui-même le salaire des étudiants — de la même manière qu’il finance les quelque 70 000 emplois du programme Emplois d’été. L’employeur verserait un supplément. Les jeunes toucheraient ainsi un salaire plus élevé que ceux ayant normalement cours dans le secteur et les agriculteurs seraient soulagés.

Le premier ministre François Legault a déjà indiqué que la PCU d’Ottawa nuisait peut-être à son recrutement « de bras » dans le réseau de la santé. Jeudi, il a indiqué qu’il manquait 9500 travailleurs dans le système, mais que seulement 4000 d’entre eux étaient atteints de la COVID-19. Il a admis que la PCU de 2000 $ « peut avoir un impact » sur la décision des 5500 autres de ne pas venir travailler.