Les PME reprennent lentement espoir

La crainte de perdre ses employés est plus présente dans les secteurs particulièrement touchés du commerce de détail, de l’hébergement et de la restauration, tout comme la peur de devoir fermer boutique.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La crainte de perdre ses employés est plus présente dans les secteurs particulièrement touchés du commerce de détail, de l’hébergement et de la restauration, tout comme la peur de devoir fermer boutique.

D’abord paniqués, les dirigeants de PME regagnent confiance, petit à petit, face à la pandémie de coronavirus, grâce à l’aide financière des gouvernements et à l’espoir d’un déconfinement.

Globalement, au moins quatre dirigeants de PME sur cinq au Canada continuent de se montrer inquiets quant à l’impact de la COVID-19 sur leurs entreprises (79 %), l’économie canadienne (88 %) et l’économie mondiale (84 %), selon un sondage dévoilé mercredi et réalisé pour le compte de la Banque de développement du Canada (BDC).

Ces résultats, obtenus par une enquête en ligne conduite auprès d’un millier de chefs d’entreprise du 14 au 16 avril, constituent, malgré tout, une légère amélioration par rapport à un autre sondage réalisé seulement deux semaines auparavant.

Et puis, surtout, on entrevoit le moment où seront levées progressivement les politiques de confinement

 

La proportion de répondants se montrant « très préoccupés » par la situation a diminué un peu plus encore, passant de 55 % à 50 % en ce qui concerne l’état de leur entreprise, de 64 % à 58 % en ce qui a trait à l’économie canadienne et de 62 % à 55 % pour ce qui est de l’économie mondiale.

Cette légère embellie tient, en partie, à l’aide financière d’urgence des gouvernements, a expliqué en entretien téléphonique au Devoir Pierre Cléroux, économiste en chef de la BDC. « Une bonne partie de cette aide avait déjà été annoncée depuis un bout de temps, mais elle commence maintenant à arriver. »

L’état d’esprit des dirigeants de PME est aussi en train de changer, passant de la panique à la gestion de crise, poursuit l’économiste. « La pandémie et la fermeture des entreprises [non essentielles] sont arrivées comme un choc soudain. Mais depuis, on a eu le temps de se faire une meilleure idée de la situation et de la façon dont on pourra s’en sortir. Et puis, surtout, on entrevoit le moment où seront levées progressivement les politiques de confinement. »

Encore des craintes

La principale crainte des chefs d’entreprises est toujours que la pandémie leur fasse perdre leurs employés salariés, mais la proportion de répondants à l’évoquer a reculé, en deux semaines, de 65 % à 58 %. La peur de ne pas pouvoir faire face au remboursement de ses dettes a légèrement diminué aussi (de 60 % à 55 %), tout comme celle de carrément ne pas plus avoir la capacité garder son entreprise (de 61 % à 52 %).

Tous ne sont pas égaux devant les conséquences de la COVID-19 cependant. La crainte de perdre ses employés est notamment beaucoup plus présente dans les secteurs particulièrement touchés du commerce de détail (70 %) et de l’hébergement et la restauration (82 %), tout comme la peur de devoir fermer boutique qui s’élève respectivement à 70 % et 90 %.

Au début de la crise, plusieurs chefs d’entreprise attribuaient leurs malheurs à la difficulté d’obtenir les biens et services nécessaires au bon fonctionnement de leur entreprise. Aujourd’hui, ils sont plus de 90 % à dire que leurs problèmes viennent en tout ou en partie du manque de clients ou de l’incapacité de les joindre. « C’est pour cela qu’on a très hâte au déconfinement », observe Pierre Cléroux.

Cette pandémie aura aussi servi de leçon. Une fois la crise passée et les choses revenues à la normale, un répondant sur cinq entend bien, par exemple, économiser plus d’argent afin de se doter d’un fonds d’urgence. Ils sont presque aussi nombreux (16 %) à se promettre, en priorité, d’être plus présents en ligne en y offrant notamment des produits et services. D’autres estiment qu’il sera plus que temps d’élargir leur offre de produits (9 %), de se donner les outils nécessaires pour permettre le travail à distance (8 %) ou d’exercer simplement un meilleur contrôle de leurs dépenses (8 %).

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