Nouveau coup dur pour l’industrie canadienne

L’interminable glissement des prix du pétrole sème l’inquiétude dans l’industrie : ce n’est pas uniquement l’Ouest canadien qui subira les contrecoups de l’effondrement des cours, mais le pays tout entier, a affirmé lundi le regroupement des producteurs pétroliers, en demandant au gouvernement fédéral d’intervenir pour soutenir le secteur.

Pendant ce temps, des producteurs ont réduit leurs dépenses prévues et le dollar canadien a poursuivi son repli.

« Ce que nous voyons à ce jour, c’est une baisse de plus de sept milliards d’investissement en capital dans l’extraction et l’exploitation des secteurs pétrolier et gazier », a écrit l’Association canadienne des producteurs pétroliers, au moment où les cours pétroliers sombraient en territoire négatif. 

Un geste fédéral fort

L’état des lieux dans l’industrie, engourdie par la chute de demande dans le monde, milite pour le déploiement d’un geste fédéral fort pour épauler le secteur auquel sont liés « des milliers d’emplois » au Canada, a ajouté le groupe, en affirmant que le creux historique des cours est une « crise » pour l’économie dans son ensemble.

Chez les producteurs, nombreux sont ceux qui révisent à la baisse leurs budgets d’investissement pour 2020.

Husky Energy, par exemple, a coupé les siens de 50 % lundi par rapport aux prévisions de décembre 2019, les faisant passer d’environ 3,3 milliards à 1,7 milliard. Quant au dollar canadien, il a terminé à 70,85 cents US.

C’est la première fois que des prix négatifs surviennent dans le pétrole, mais la situation arrive fréquemment en Ontario dans le créneau de l’électricité, la nuit, a indiqué Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal.

Cela dit, la production de pétrole présente des enjeux énormes, en raison du stockage, mais aussi des processus qui l’entourent.

« Ce n’est pas un interrupteur qu’on peut mettre en mode arrêt. Il y a des coûts à arrêter complètement la production, et les producteurs sont très réticents à le faire, car les coûts de fermeture et de reprise sont énormes. »