Un Canadien sur deux travaillait depuis la maison à la fin mars

Les personnes possédant au moins un baccalauréat comptaient pour presque 60 % des nouveaux adeptes du travail à la maison le mois dernier.
Photo: Getty Images Les personnes possédant au moins un baccalauréat comptaient pour presque 60 % des nouveaux adeptes du travail à la maison le mois dernier.

Un Canadien sur sept n’était déjà plus au travail à cause de la pandémie de coronavirus, à la fin du mois dernier, alors qu’un travailleur restant sur deux remplissait sa tâche depuis la maison.

Près de 4 millions de travailleurs canadiens étaient absents de leurs emplois durant la semaine du 22 au 28 mars dernier a rapporté, vendredi, Statistique Canada. De ce nombre, 2,8 millions, représentant 14 % du total de la population active, manquaient à l’appel pour des raisons liées à la COVID-19.

4,7 millions
Nombre de Canadiens qui travaillent habituellement à l’extérieur de la maison qui ont rempli leur tâche depuis leur demeure durant la semaine du 22 au 28 mars.

Mais cela n’a pas été le seul impact de la pandémie et des mesures de confinement des gouvernements pour en freiner la progression. Environ 4,7 millions de Canadiens qui travaillent habituellement à l’extérieur de la maison ont aussi rempli leur tâche depuis leur demeure cette semaine-là. Lorsqu’on ajoute ces derniers à ceux qui travaillaient déjà depuis leur domicile, on arrive à un total de 4 travailleurs sur 10 (6,8 millions) qui travaillaient de la maison, soit autant que ceux qui continuaient d’abattre leur boulot à l’extérieur de leur demeure (6,7 millions).

Tirées d’une nouvelle enquête par panel en ligne menée auprès de 4600 répondants des 10 provinces par Statistique Canada pour documenter l’impact de la COVID-19, ces données viennent préciser le portrait d’une réalité mouvante.

L’agence fédérale avait rapporté, la semaine dernière, qu’environ 1 million de Canadiens avaient perdu leur emploi en mars, faisant bondir le taux de chômage à 7,8 % au Canada et à 8,1 % au Québec. Elle avait ajouté que si l’on tenait comptait de ceux qui avaient vu leur nombre d’heures de travail réduit d’au moins la moitié, ce nombre dépassait les 3 millions de travailleurs, ou 16 %.

Ces premières mesures de l’impact de la COVID-19 au Canada venaient toutefois avec un bémol puisqu’elles avaient été faites, celles-là, durant la semaine du 15 au 21 mars, soit après l’imposition de certaines règles sanitaires, mais juste avant que les gouvernements mettent les entreprises non essentielles en pause forcée, le 23 mars. Une lacune que n’ont pas les données de vendredi.

Pas tous égaux

Les chiffres de la semaine dernière montraient toutefois déjà comment tous les travailleurs ne sont pas égaux face aux conséquences de la pandémie, certains secteurs essuyant de bien plus grandes pertes d’emplois que d’autres. C’était le cas notamment de celui de l’hébergement et de la restauration, où l’on rapportait déjà un recul de plus de 40 % du nombre total d’heures travaillées par rapport au mois précédent, mais aussi celui de l’information, de la culture et des loisirs (30 %) ou, dans une moindre mesure à cette époque, celui du commerce de détail (7 %).

On observait ainsi que les pertes d’emplois les plus marquées avaient été enregistrées « dans les professions qui requièrent une interaction directe avec le public, ou où le travail de la maison n’est pas pratique, tel que dans les ventes et les services », et au contraire de professions de la gestion, des sciences naturelles et appliquées ainsi que des affaires, de la finance et de l’administration.

On constatait également comment les travailleurs les plus modestes et les plus vulnérables étaient les premiers touchés, la moitié du recul de l’emploi étant essuyée par des personnes gagnant moins des deux tiers du salaire horaire médian, la proportion de travailleurs temporaires à perdre leur emploi (15,8 %) se révélant trois fois plus élevée que celle des travailleurs permanents (5,3 %).

Les nouvelles données dévoilées vendredi semblent confirmer ces tendances. Les personnes possédant au moins un baccalauréat comptaient, en effet, pour presque 60 % des nouveaux adeptes du travail à la maison le mois dernier, alors que la proportion de ceux ayant tout au plus un diplôme d’étude secondaire était tellement faible, qu’il ne vaut pas la peine de la mentionner. À l’inverse, les diplômés universitaires ne représentaient que 22 % de ceux qui continuaient de travailler à l’extérieur de leur résidence, et 27 % de ceux qui avaient été absents du travail cette semaine-là.

Et la vie de famille ?

Statistique Canada nous apprend aussi, par ailleurs, que 40 % des nouveaux travailleurs à la maison vivaient avec au moins un enfant de moins de 18 ans et « font probablement face à de nouvelles difficultés pour ce qui est de concilier le travail et la vie familiale ».

Les choses semblaient toutefois encore relativement bien se passer, le mois dernier, les nouveaux travailleurs à la maison ne se plaignant pas plus du stress familial associé au confinement ni de problème de maladie mentale que ceux qui continuaient de travailler à l’extérieur de la maison.

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