Les règles de distanciation devront être clarifiées, estime la CCMM

À la lumière des expériences de l’Asie et de l’Europe, le président de la CCMM, Michel Leblanc, évoqué la possibilité de généraliser l’usage du masque dans les lieux publics pour faciliter la reprise des activités. 
Photo: Ozan Kose Agence France-Presse À la lumière des expériences de l’Asie et de l’Europe, le président de la CCMM, Michel Leblanc, évoqué la possibilité de généraliser l’usage du masque dans les lieux publics pour faciliter la reprise des activités. 

Le gouvernement du Québec et les autorités de santé publique devront préciser rapidement en quoi consisteront les mesures de distanciation qui devront être appliquées dans les commerces et les entreprises, estime la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). Selon son président, Michel Leblanc, cet enjeu est primordial pour permettre aux entreprises de bien planifier la relance de leurs activités.

La pandémie a été un « choc brutal » pour l’économie. Il y a à peine six semaines, l’économie québécoise était « très robuste », le PIB était en hausse et le taux de chômage plutôt bas, a rappelé vendredi Michel Leblanc lors d’une allocution devant un auditoire virtuel de plus de 700 personnes d’affaires. De grands projets étaient en voie de démarrer et le secteur de la construction était presque en surchauffe. Le coronavirus a eu pour effet d’étouffer toute cette effervescence.

S’il se dit satisfait de la réponse gouvernementale face à la crise et à la mobilisation qui a suivi, Michel Leblanc réclame maintenant des directives claires des autorités de santé publique au sujet des mesures de distanciation, faisant ainsi écho aux préoccupations des membres de la Chambre.

La règle des « fameux deux mètres » devra-t-elle s’appliquer dans toutes les circonstances ? se demande Michel Leblanc. « Il n’y a pas un trottoir qui accommode une distance de deux mètres. Ça veut dire six-huit personnes dans un autobus, dans une rame de métro ? Ça veut dire qu’il n’y a aucun ascenseur fonctionnel s’il y a plus qu’une personne à bord ? » a-t-il illustré.

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À la lumière des expériences de l’Asie et de l’Europe en matière de déconfinement, il a évoqué la possibilité de généraliser l’usage du masque dans les lieux publics pour faciliter la reprise des activités. « On le voit en Chine et en Europe, le redémarrage est basé sur une distanciation physique, mais aussi, dans certains cas, sur le port de masques. On voit que les gens sont plus proches que les deux mètres. On demande des clarifications sur l’exigence des deux mètres », a-t-il dit aux journalistes à la suite de son allocution. « On ne demande pas que ce soit moins de deux mètres, mais on demande que ce soit clarifié et qu’on le fasse dès maintenant pour que les entreprises puissent bien planifier la reprise de leurs opérations. »

S’inspirer d’ailleurs

Certains entrepreneurs ont pu adapter leurs façons de faire en fonction des contraintes du coronavirus en se tournant, quand c’était possible, vers le commerce numérique. Mais les prochains mois s’annoncent difficiles. L’annulation et le report de grands événements sportifs et culturels forceront une réflexion sur la tenue d’événements culturels sous d’autres formes dans le contexte de la COVID-19, estime M. Leblanc. Et faute de pouvoir accueillir des visiteurs étrangers, Montréal devra se tourner vers le tourisme local.

Mais selon lui, il est trop tôt pour dire à quel moment les restaurants pourraient rouvrir leurs portes. « On va regarder ce qui se fait dans d’autres États, car ils ont facilement trois à cinq semaines d’avance sur nous », a-t-il dit. Pour les bars, le retour à la normale est encore plus difficile à imaginer pour l’instant, admet-il.

Selon lui, la relance de Montréal passera par les grands projets publics qui étaient déjà en cours de réalisation ou sur le point d’être lancés. Parmi eux : l’agrandissement du Palais des congrès, le prolongement de la ligne bleue et le projet du Port de Montréal à Contrecœur.

Visiblement soucieux de rassurer les gens d’affaires, Michel Leblanc a rappelé qu’après la Seconde Guerre mondiale, le pays avait réussi à ramener son endettement à un niveau plus raisonnable assez rapidement. « Je pense qu’on part d’un niveau qui est beaucoup inférieur à ce qu’on avait au lendemain de la Seconde Guerre, a-t-il dit. Les humains sont une sorte de bibitte très résiliente. À travers notre histoire, on s’est adaptés. »