Tous les constructeurs de véhicules électriques ont respecté les quotas de vente au Québec

Le Québec comptait 69 500 voitures électriques à la fin du mois de février, selon le Circuit électrique.
Photo: Justin Sullivan Agence France-Presse Le Québec comptait 69 500 voitures électriques à la fin du mois de février, selon le Circuit électrique.

Les constructeurs automobiles visés par des quotas de vente de véhicules électriques au Québec ont tous respecté leurs obligations légales, a indiqué cette semaine le ministère de l’Environnement, dont les conclusions pourraient raviver le débat sur un resserrement des règles pour améliorer l’offre aux consommateurs.

Attendu depuis des mois, le premier bilan de la norme sur les véhicules zéro émission (VZE) montre notamment que General Motors domine le classement des crédits accumulés, dans lequel figurent aussi Nissan, Kia et Hyundai. Les « petits constructeurs » vendant ou louant moins de 4500 véhicules par année, comme Tesla, n’y sont pas soumis, mais ils peuvent participer sur une base volontaire.

Le système prévoit que les constructeurs n’ayant pas accumulé des crédits, faute de modèles à offrir au public ou de ventes suffisantes, se sont tout simplement tournés vers les concurrents capables d’en céder une partie, indique le bilan.

« Il est difficile de déterminer l’effet spécifique de la norme VZE sur l’ensemble des véhicules immatriculés puisqu’elle fait partie d’un ensemble d’outils et de mesures visant à promouvoir l’utilisation des véhicules électriques au Québec, tels que les incitatifs financiers, le développement du réseau des bornes, la plaque verte et les campagnes de sensibilisation, a écrit le ministère de l’Environnement. Toutefois, il est certain que cette réglementation est bénéfique pour les consommateurs puisqu’elle amène les constructeurs à favoriser le Québec par rapport aux régions qui n’ont pas de régime similaire. »

[…] les manufacturiers nagent dans les surplus de crédits, et donc n’ont pas vraiment d’incitatif à offrir une plus grande quantité de véhicules aux consommateurs 

Le ministère précise que « 92 % des modèles disponibles en Californie » sont également disponibles au Québec, comparativement à 66 % il y a quatre ans.

Le bilan montre par ailleurs le détail des échanges de crédits effectués entre constructeurs. Ainsi, GM et Tesla ont cédé des crédits, tandis que du côté des acheteurs, on retrouve FCA (Chrysler), Honda, Mazda, Subaru et Toyota. Le tableau des transactions se limite à dire si les crédits cédés ou acquis portent sur des véhicules 100 % électriques ou hybrides rechargeables.

Le Québec, qui comptait 69 500 voitures électriques à la fin du mois de février, selon le Circuit électrique, a adopté la loi sur les quotas dans le cadre de l’électrification du secteur des transports et de la lutte contre les changements climatiques. Le nombre de crédits décernés aux constructeurs se fait selon l’autonomie de la voiture et son type (100 % électriques ou hybride rechargeable). Le gouvernement aimerait voir 100 000 voitures électriques sur les routes d’ici la fin de 2020 et 300 000 d’ici 2026.

Déception

La norme VZE est « superimportante », a dit le porte-parole de l’Association des véhicules électriques du Québec, Simon-Pierre Rioux. Ce premier bilan officiel montre que « certains se sont vraiment démarqués, que ce soit General Motors, Tesla, Toyota ou Mitsubishi ». Dans l’ensemble, a-t-il dit, « ce qu’on remarque présentement, c’est que les manufacturiers nagent dans les surplus de crédits, et donc n’ont pas vraiment d’incitatif à offrir une plus grande quantité de véhicules aux consommateurs. Ça nous dérange beaucoup. » Se disant « déçu », M. Rioux affirme que, sur le terrain, les listes d’attente existent toujours et qu’il peut s’écouler plusieurs mois avant que l’acheteur reçoive sa voiture. « Il y a un manque de disponibilité et un manque de variété. »

Ces propos rappellent ceux tenus par la direction d’Hydro-Québec cet hiver. En commission parlementaire, la directrice de l’électrification des transports avait affirmé que « le pourcentage [de crédits] exigé présentement n’est pas assez élevé ni pour répondre à la demande des clients ni pour que la norme permette d’atteindre, à elle seule, la cible du gouvernement du Québec d’un million de véhicules électriques d’ici 2030 ».

Le bilan produit cette semaine porte sur l’année modèle 2018 seulement, qui désigne la « première phase de conformité ». La deuxième phase portera sur les années 2019 à 2021.