La Banque du Canada maintient son taux directeur à 0,25%

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz

La Banque du Canada a prévenu mercredi que le ralentissement lié à la crise de la COVID-19 serait le pire jamais enregistré et que la reprise économique dépendrait de l’efficacité des mesures actuelles pour maîtriser la pandémie.

La banque centrale a annoncé qu’elle maintenait son taux d’intérêt directeur à 0,25 %, qu’elle considère être sa « valeur plancher », pour lutter contre les impacts économiques du COVID-19.

Si les conditions s’améliorent rapidement, le choc économique devrait être « soudain et marqué, mais relativement court », et suivi d’un fort rebond pour la plupart des secteurs de l’économie, mais pas tous.

Un scénario plus grave verrait probablement un « nombre considérable » d’entreprises fermer pour de bon et de plus longues périodes de chômage, alors que les travailleurs seraient à la recherche de nouveaux emplois.

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Un plus long ralentissement signifierait également que les ménages, les entreprises et les gouvernements pourraient avoir une dette plus élevée au moment où la reprise aurait lieu.

Quel que soit le scénario, toutes les possibilités suggèrent que « le ralentissement à court terme sera le plus prononcé jamais enregistré », indique la banque dans son Rapport sur la politique monétaire.

Des données préliminaires publiées mercredi par Statistique Canada ont montré que l’activité économique s’était effondrée en mars et que la contraction du produit intérieur brut (PIB) pourrait avoir atteint le niveau record de 9,0 %.

« Les perspectives dépendent grandement de la durée des mesures de confinement et de la façon dont les ménages et les entreprises s’adaptent », a affirmé le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, dans le texte de son discours d’ouverture pour une téléconférence matinale.

Il a ajouté qu'« un assouplissement monétaire considérable (serait) nécessaire pour préparer le terrain en vue de la reprise économique qui va suivre la période de confinement ».

Le Rapport sur la politique monétaire était le dernier auquel M. Poloz devait participer, son mandat à la tête de la banque centrale devant prendre fin le 2 juin. Il avait contribué à la préparation du tout premier rapport sur la politique monétaire, publié il y a 25 ans. « J’aurais souhaité que les circonstances soient plus favorables », a-t-il observé.