La COVID-19 fera fléchir les prix immobiliers

Comparé à d’autres secteurs, le marché immobilier est toutefois bien positionné pour la reprise après la crise, selon Royal Lepage.
Richard Buchan Archives La Presse canadienne Comparé à d’autres secteurs, le marché immobilier est toutefois bien positionné pour la reprise après la crise, selon Royal Lepage.

Le marché immobilier avait démarré l’année en force avant que le coronavirus ne provoque une pandémie plongeant l’économie mondiale dans une crise sanitaire. Une fois le choc passé, la demande, en grande partie refoulée, devrait relancer les ventes résidentielles au Québec et l’impact, sous forme de baisse de prix, serait contenu, croit Royal LePage.

Dans son étude sur le prix des maisons du premier trimestre, la firme de courtage immobilier retient que le prix de l’agrégat des maisons dans le Grand Montréal s’est accru de 7,2 % par rapport au trimestre correspondant de 2019, enregistrant ainsi une deuxième hausse trimestrielle consécutive record depuis près d’une décennie, écrit-elle. La pandémie de COVID-19 et les mesures de confinement ont toutefois provoqué une baisse des ventes et des nouvelles inscriptions de propriétés à vendre à partir de la mi-mars.

Royal LePage cite le Conference Board du Canada, qui publiait à la mi-mars un indice de confiance du consommateur québécois en chute de 31,1 points, soit le plus important déclin mensuel jamais mesuré au Québec. « De nombreuses inconnues demeurent quant aux conséquences économiques de cette crise mondiale. et l’ampleur de ses effets sur le marché immobilier dépendra grandement de sa durée […] Toutefois, avec une croissance de la population, un inventaire réduit et de bas taux d’intérêt, le marché immobilier est bien positionné pour la reprise comparativement à d’autres secteurs », souligne Dominic St-Pierre, vice-président et directeur général de Royal LePage pour la région du Québec.

La firme mise sur une demande refoulée, tout en reconnaissant que des vendeurs et des acheteurs puissent, selon l’ampleur et l’effet temporel des dommages économiques subis, remettre leur projet à plus tard une fois les restrictions retirées. Mais ils « seront nombreux à revenir sur le marché ».

Le choc sur les prix devrait également être contenu. Pour le Grand Montréal, Royal LePage retient deux scénarios. Le premier prévoit une activité économique commençant à revenir à la normale d’ici la fin du printemps, le prix des maisons devant alors connaître un déclin de 0,5 % d’une année sur l’autre d’ici fin 2020. « Si toutefois l’économie ne reprenait qu’à la fin de l’été, les prix pourraient souffrir d’une baisse plus prononcée de la confiance des consommateurs due à des pertes d’emploi prolongées, et conséquemment, d’un déclin des prix qui pourrait aller jusqu’à 3,5 %. Ceci correspondrait à la baisse la plus prononcée d’une année sur l’autre que la région du Grand Montréal ait connue au cours des 50 dernières années. »

Ailleurs au Québec

Ailleurs, « le marché de Québec est bien positionné pour se rétablir des dommages économiques […] de par la taille importante de son secteur public, des emplois issus de l’Université Laval et du système de santé local ». À Gatineau, les effets de la crise sur le prix seraient limités, « malgré un ralentissement abrupt des ventes et des nouvelles inscriptions. Dans la région, la stabilité de l’emploi soutenue par le secteur gouvernemental devrait contrebalancer les pertes d’emplois dans le secteur privé. »

À Sherbrooke, « même si les ventes reculaient de 15 ou 20 %, le marché pourrait demeurer à l’avantage des vendeurs et afficher peu de variations des prix, étant donné la performance exceptionnelle de l’activité d’avant-crise et le nombre restreint de propriétés à vendre ».

À Trois-Rivières, « la situation actuelle amènera certainement une baisse du nombre de ventes sans que cela n’entraîne un recul significatif du prix des propriétés. Le marché immobilier de Trois-Rivières pourrait toutefois reprendre plus lentement qu’ailleurs au Québec selon l’ampleur des pertes d’emplois, prévoit Royal LePage.