Les temps s’annoncent difficiles pour le Canada

La Banque du Canada viendra préciser, et peut-être nuancer, ce portrait général des perspectives économiques canadiennes, mercredi, en dévoilant l’édition printanière de son Rapport sur la politique monétaire.
Photo: Geoff Robins Agence France-Presse La Banque du Canada viendra préciser, et peut-être nuancer, ce portrait général des perspectives économiques canadiennes, mercredi, en dévoilant l’édition printanière de son Rapport sur la politique monétaire.

Le Canada ne fera pas exception et verra son économie piquer sérieusement du nez cette année, prédit le FMI.

Dans ses dernières Perspectives de l’économie mondiale du mois de janvier, le Fonds monétaire international prévoyait que l’économie canadienne gagnerait un peu de vigueur cette année, en passant d’un modeste taux de croissance de 1,6 %, l’an dernier, à 2,2 % en 2020. Mais c’était avant que n’éclate la crise de la COVID-19.

Aujourd’hui, le FMI doit réviser cette prévision de croissance à la baisse de 8 points de pourcentage, pour la porter à un recul de 6,2 % cette année, a-t-il annoncé mardi. Une telle performance serait bien pire que les pires années des crises économiques des dernières décennies, notamment en 2009 (-2,9 %), en 1991 (-2,1 %) et en 1982 (-3,2 %).

Victime, en fait, d’une première moitié d’année désastreuse, le Canada devrait ensuite entamer une lente remontée qui lui permettrait d’enregistrer une croissance de 4,2 % en 2021. Le marché de l’emploi ne manquerait pas de s’en ressentir, grimpant d’un taux de chômage moyen de 5,7 %, l’an dernier, à 7,5 %, cette année, et d’encore 7,2 %, l’an prochain.

Le Canada ne fera pas seulement les frais de ses politiques de confinement et de l’incidence du coronavirus sur le commerce international et de nombreuses industries, dont le transport, le tourisme et la restauration, il accusera aussi le coup de la chute de l’économie mondiale et, avec elle, celle des prix du pétrole. Encore à près de 70 $US le baril au début de l’année, les cours de l’or noir resteront aux alentours de 37 $ les deux prochaines années, prédit le FMI, pour finir par atteindre 45 $, tant bien que mal.

La réalité pourrait se révéler plus sombre encore, a prévenu le FMI qui souligne le contexte « d’extrême incertitude » et ne manque pas de souligner que la bataille contre la COVID-19 pourrait être plus longue qu’espéré.

La parole à la Banque du Canada

La Banque du Canada viendra préciser, et peut-être nuancer, ce portrait général des perspectives économiques canadiennes, mercredi, en dévoilant l’édition printanière de son Rapport sur la politique monétaire.

Dans son rapport du mois de janvier, la banque centrale entrevoyait déjà une maigre croissance économique de seulement 1,6 % cette année et se demandait si le temps n’était pas venu de réduire les taux d’intérêt au pays. Depuis, la pandémie de COVID-19 est survenue et elle a abaissé son taux directeur de 1,75 % à presque zéro (0,25 %).

Elle a également multiplié les mesures visant à apporter toutes les liquidités nécessaires au bon fonctionnement du secteur financier allant jusqu’à imiter, pour la première fois, ses homologues notamment américaine et européenne en se dotant de son propre programme d’assouplissement quantitatif visant à injecter au moins 5 milliards de dollars par semaine pendant 6 mois.