L’inflation bascule en territoire négatif aux États-Unis

Les prix à la consommation ont reculé de 0,4 % en mars aux États-Unis, une baisse principalement due à la chute du prix des carburants (-10,5 %).
Photo: Charles Krupa Associated Press Les prix à la consommation ont reculé de 0,4 % en mars aux États-Unis, une baisse principalement due à la chute du prix des carburants (-10,5 %).

Les prix à la consommation ont reculé de 0,4 % en mars aux États-Unis, et enregistré leur plus forte baisse depuis janvier 2015 sous l’effet de la pandémie de coronavirus, selon l’indice des prix à la consommation publié vendredi par le département du Travail.

La baisse est principalement due à la chute du prix des carburants (-10,5 %), mais aussi de ceux des billets d’avion, de l’hébergement de tourisme et des vêtements, des secteurs touchés de plein fouet par les mesures de confinement mises en place pour enrayer la pandémie de COVID-19.

« Les retombées du coronavirus ont un effet de déflation important sur les prix en raison d’une demande bien moindre, de la chute des prix du pétrole et de l’appréciation du dollar », relèvent les analystes d’Oxford Economics dans une note.

Les prix alimentaires ont toutefois connu une légère hausse (+ 0,3 %), tout comme les prix des soins de santé, des véhicules d’occasion, des assurances auto et de l’éducation.

En excluant les prix volatils des secteurs alimentaire et énergétique, l’inflation dite sous-jacente est de -0,1 %, négative pour la première fois depuis janvier 2010.

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Sur un an, l’inflation décélère à 1,5 %, par rapport aux +2,3 % enregistrés entre février 2019 et février 2020, reculant particulièrement avec la baisse des prix de l’énergie, qui ont chuté de 5,7 %. L’inflation sous-jacente annuelle s’établit quant à elle à 2,1 %.

Le département du Travail précise dans son communiqué que les données ont été collectées durant les deux premières semaines de mars, et sont donc antérieures au confinement plus massif imposé au cours de la deuxième quinzaine du mois dans la plupart des États américains.

L’agriculture touchée

Du lait déversé dans les champs, des éleveurs moins bien payés malgré des steaks plus chers, les cours du coton en chute libre faute d’achats de vêtements : les agriculteurs américains sont touchés de plein fouet. L’exemple le plus frappant est sans doute celui d’éleveurs forcés de liquider la traite du jour, au moment même où certains magasins demandent à leurs clients de ne pas acheter plus d’une brique de lait.

Autre secteur durement touché : les éleveurs de bœufs. Les prix des bovins vivants cotés à Chicago ont baissé d’environ 30 % depuis mi-janvier. Mais les prix des steaks ont augmenté dans les magasins.

Les céréaliers, qui se préparent à la saison des semis, ne sont pas épargnés alors même qu’ils espéraient enfin profiter d’une accalmie sur le front commercial après un accord signé mi-janvier entre la Chine et les États-Unis. Les mesures de confinement imposées pour enrayer la propagation du COVID-19 ont fait chuter la demande en essence, et par ricochet en biocarburant fabriqué à partir d’éthanol. Or, environ le tiers de la production de maïs aux États-Unis est destiné à l’éthanol. Résultat : les cours de la céréale ont plongé de 15 % depuis mi-janvier.

Les prix du coton ont, eux, plongé récemment à leur plus bas niveau en onze ans. Ils ont été frappés par la suspension de l’activité dans de nombreuses manufactures à travers le monde.