L’Europe toujours sans plan de relance économique

Les ministres proposent que le Mécanisme européen de stabilité (MES), créé en 2012, puisse prêter de l’argent à un État en difficulté, et ce, jusqu’à 2% de son PIB.
Photo: Gérard Cerles Agence France-Presse Les ministres proposent que le Mécanisme européen de stabilité (MES), créé en 2012, puisse prêter de l’argent à un État en difficulté, et ce, jusqu’à 2% de son PIB.

Une réunion marathon des États membres de l’UE pour trouver une réponse économique commune au coronavirus s’est achevée mercredi sur un échec, La Haye notamment refusant de céder aux demandes des pays du Sud.

« Après 16 heures de discussions, nous nous sommes approchés d’un accord, mais nous n’y sommes pas encore », n’a pu que constater mercredi matin Mario Centeno, le président de l’Eurogroupe, l’instance qui réunit les ministres des Finances de la zone euro. Il a convoqué une nouvelle réunion par visioconférence jeudi à partir de 17 h, qui risque elle aussi de s’éterniser à cause de l’inflexibilité des Pays-Bas.

L’échec des ministres suit celui d’un Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement le 26 mars, qui avait vu s’affronter les pays du nord et ceux du sud sur la réponse économique à apporter à la récession annoncée.

 
6%
C’est le pourcentage de baisse du PIB français sur les trois premiers mois de l’année, selon les estimations de la Banque de France.

Plusieurs sources européennes attribuent l’échec de la réunion aux Pays-Bas, qui refusent de céder aux demandes italiennes sur les prêts susceptibles d’être octroyés aux États en difficulté par le fonds de secours de la zone euro. Les ministres proposent que le Mécanisme européen de stabilité (MES), créé en 2012 lors de la crise de la dette de la zone euro et financé par les États membres, puisse prêter de l’argent à un État en difficulté, et ce, jusqu’à 2 % de son PIB. L’option est rejetée par l’Italie, pays européen le plus touché par l’épidémie, tant que ces prêts s’accompagnent de conditions comme des demandes de réformes, ce qu’exige La Haye.

La France en récession

Par ailleurs, heurtée de plein fouet par l’épidémie de COVID-19, l’économie française s’est effondrée au premier trimestre, devenant la première grande économie à entrer dans une récession qui promet d’être inédite depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Selon une estimation publiée mercredi par la Banque de France, le PIB a chuté d’environ 6 % sur les trois premiers mois de l’année, soit la pire performance trimestrielle de l’économie française depuis 1945. Le PIB s’étant déjà replié de 0,1 % au quatrième trimestre, selon l’Institut national de la statistique, la France est donc techniquement en récession.