Cogeco anticipe des retards de paiement

Le président et chef de la direction, Philippe Jetté
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le président et chef de la direction, Philippe Jetté

Cogeco Communications s’attend à ce qu’un nombre croissant de ses clients soient dans l’incapacité de régler leurs factures mensuelles, tandis que plusieurs d’entre eux se retrouvent en congé forcé à la maison en raison de la pandémie de COVID-19.

Néanmoins, l’entreprise québécoise de télécommunications, à l’instar d’autres acteurs du secteur, a assuré mercredi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre, ne pas avoir l’intention de sévir à l’endroit des retardataires. « Normalement, si après un certain temps les gens ne sont pas en mesure de payer, il y a une déconnexion, a expliqué le chef de la direction financière, Patrice Ouimet. Nous n’allons pas faire cela. Nous nous attendons donc à ce que cela [le nombre de comptes en souffrance] augmente. »

Interrogée par les analystes, la direction n’a pas fourni de données précises à l’égard de ses clients se trouvant dans cette situation.

Les mauvaises créances n’avaient pas significativement affecté Cogeco Communications — la principale filiale de Cogeco — lors de la crise financière de 2008, a rappelé M. Ouimet. « De toute évidence, nous traversons un type de crise différent, mais nous n’avons pas constaté une augmentation considérable des créances douteuses. Nous allons attendre pour voir ce qui se passe. »

Incidence négative

La propagation du nouveau coronavirus a déjà eu des effets chez Cogeco Média, qui exploite un réseau de 23 stations radiophoniques au Québec et en Ontario, où l’on a temporairement mis à pied 130 personnes — environ 25 % de l’effectif total — en raison de l’érosion des revenus publicitaires. La pandémie a également incité Cogeco Communications à mettre de côté ses prévisions pour l’exercice qui se termine en août en raison de l’incertitude.

« Nous avons l’intention de publier nos prévisions annuelles lorsque la situation se stabilisera », a expliqué aux analystes le président et chef de la direction, Philippe Jetté, sans toutefois fournir d’échéancier. À court terme, l’entreprise anticipe une incidence négative sur ses revenus, notamment parce que de plus en plus de personnes perdent leur gagne-pain.

Dans une note envoyée à ses clients, Maher Yaghi, de Desjardins Marchés des capitaux, a toutefois estimé que Cogeco Communications figurait parmi les entreprises les mieux positionnées du secteur canadien des télécommunications pour encaisser les contrecoups de la pandémie. « La société est moins exposée aux services destinés aux petites et moyennes entreprises par rapport à ses concurrentes et nous croyons que les services filaires devraient offrir une meilleure performance que les services sans fil pendant la crise puisque davantage de gens passent plus de temps à la maison. »

Selon l’analyste Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux, la pandémie pourrait inciter Cogeco Communications à patienter avant de hausser ses prix et de réintroduire des frais lorsque la limite de consommation de données est dépassée.

Au deuxième trimestre terminé le 29 février, Cogeco Communications a engrangé un bénéfice net de 109,4 millions, ou 2,24 $ par action, par rapport à 81,7 millions, ou 1,65 $ par action, à la même période il y a un an. Les revenus se sont chiffrés à 586 millions, en hausse de 0,4 %, ou 0,9 % en devises constantes, comparativement au deuxième trimestre de l’exercice précédent.

Normalement, si après un certain temps les gens ne sont pas en mesure de payer, il y a une déconnexion. Nous n’allons pas faire cela.