Les marchés entre l’espoir et la prudence

Le bilan quotidien de décès est reparti à la hausse en Espagne, mardi. Sur notre photo: un travailleur de la santé vêtu d’une combinaison prodiguait des soins à patient au département de soins intensifs de l’Hôpital Vall d’Hebron, à Barcelone, lundi.
Pau Barrena Agence France-Presse Le bilan quotidien de décès est reparti à la hausse en Espagne, mardi. Sur notre photo: un travailleur de la santé vêtu d’une combinaison prodiguait des soins à patient au département de soins intensifs de l’Hôpital Vall d’Hebron, à Barcelone, lundi.

Voulant croire que le pic de l’épidémie se rapproche en Europe et aux États-Unis, les marchés boursiers ont gardé leur entrain mardi en Asie et en Europe. Mais un regain de prudence en fin de journée a freiné Wall Street.

Comme les grandes Bourses asiatiques, les indices européens ont fini en forte hausse, tous au-dessus de 2 %. De l’autre côté de l’Atlantique en revanche, Wall Street a terminé en légère baisse après avoir pourtant évolué dans le vert presque toute la séance : son indice vedette, le Dow Jones, a cédé 0,1 %. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a cédé 0,3 %, à 7.887,26 points, et l’indice élargi S & P 500 a reculé de 0,2 %, à 2659,41 points.

La Bourse de Toronto a pour sa part clôturé la séance de mardi en hausse, l’indice composé S & P / TSX a gagné 21,44 points pour terminer la journée avec 13 614,14 points.

« Les investisseurs regardent les événements par le prisme des plans de relance et la perspective d’être probablement plus proches de la fin de l’épidémie qu’au début », remarque Michael Hewson, analyste chez CMC Markets. « Le temps dira s’ils ont raison, mais le trajet va probablement être cahoteux », prévient-il.

Si les marchés avaient repris un peu espoir dès lundi, après la baisse au cours du week-end du nombre quotidien de décès en Italie et en Espagne, la décrue paraissait loin d’être confirmée mardi. Le bilan quotidien est reparti à la hausse en Espagne mardi, comme cela avait été le cas lundi en Italie et en France.

L’inquiétude était également vive au Royaume-Uni qui a enregistré 786 décès supplémentaires de personnes atteintes du coronavirus en 24 heures, un nouveau record, portant à plus de 6000 le nombre de morts dans le pays. L’État de New York, épicentre de l’épidémie de coronavirus aux États-Unis, a de son côté enregistré un nouveau nombre record de 731 morts au cours des dernières 24 heures.

« Il est trop tôt pour déclarer un tournant dans la pandémie et les investisseurs devraient continuer à s’attendre à une volatilité élevée », remarque UBS dans une note. Tout en continuant à examiner les diverses données sur la propagation du virus, les investisseurs « vont devoir vérifier si les mesures de stimulus annoncées par les gouvernements du monde entier ces dernières semaines atteignent leur objectif, aidant à éviter une forte hausse du chômage et des faillites », estime la banque.

« Les marchés sous-estiment probablement encore la durée des mesures de confinement, et en particulier le temps qu’il faudra pour revenir à la » normale « par la suite », souligne aussi Esty Dwek, responsable des stratégies de marché de Natixis IM Solutions.

Pour tenter d’alléger la facture de la crise sur le plan économique, les États et des banques centrales continuaient à alimenter un déluge d’argent. Le gouvernement Trump a ainsi engagé de nouvelles discussions avec les responsables du Congrès pour apporter 250 milliards de liquidités supplémentaires aux petites et moyennes entreprises (PME) et leur permettre de payer leurs employés pendant la crise du coronavirus. Ils viendraient s’ajouter aux 350 milliards qui figurent dans le gigantesque plan d’aide à l’économie de 2200 milliards de dollars adopté fin mars.