Des entreprises prêtes pour équiper le personnel soignant

Il est d’abord question de produire des blouses de protection pour épauler le réseau.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Il est d’abord question de produire des blouses de protection pour épauler le réseau.

Les entreprises québécoises n’attendent plus qu’une commande ferme de Québec pour commencer la fabrication des équipements de protection médicaux qui lui manquent. Les premières blouses de protection « Made in Québec » pourraient être prêtes trois semaines plus tard.

Au terme de trois semaines de consultations et de concertation au sein des secteurs du textile et de la confection de vêtements au Québec, un groupe spécial issu du milieu annoncera lundi avoir trouvé les entreprises en mesure de répondre à la demande d’équipements de protection médicale individuels qui manquaient cruellement au Québec en cette période de pandémie de COVID-19. « Dès qu’on a le [bon de commande], on peut commencer à livrer environ trois semaines plus tard », a déclaré dimanche en entretien téléphonique au Devoir Dany Charest, directeur général de TechniTextile Québec, la grappe industrielle du secteur textile.

Des blouses aux masques

Pour le moment, il est d’abord question de produire des blouses de protection, mais cela pourrait s’étendre, par la suite, à d’autres produits, y compris les fameux masques N95. Le volume de cette production serait suffisant pour répondre aux besoins du Québec.

Dans certains cas jetables et dans d’autres cas lavables, ces équipements offriront toute la gamme des niveaux de protection possible, y compris la plus élevée. Répondant aux normes nord-américaines, ils pourraient être vendus dans le reste du Canada ou dans l’État de New York. « Mais il serait normal d’accorder la priorité aux besoins du Québec », a observé M. Charest.

La nouvelle est le résultat d’un appel à l’aide lancé aux entreprises du Québec, à la mi-mars, par le gouvernement, mais aussi par un groupe spécial de l’industrie animé par TechniTextile Québec et par deux centres de transfert de technologie, l’un spécialisé dans les textiles (Groupe CTT) et l’autre spécialisé dans l’habillement (Vestechpro). Un peu moins d’une vingtaine d’entreprises du secteur du textile et près d’une centaine de celui du vêtement se sont montrées intéressées.

Un problème de textiles

Le principal problème était de trouver la machinerie nécessaire et les entreprises capables de produire les textiles entrant dans la composition des équipements de protection. « Il y a belle lurette que cela n’était plus produit ici », dit Dany Charest. Faute des matériaux nécessaires, que tous les pays s’arrachent actuellement, certains devront être remplacés par d’autres types de textiles ayant les mêmes propriétés.

C’est au Groupe CTT que reviendra la tâche de tester ces nouveaux textiles québécois afin de s’assurer qu’ils sont conformes aux normes exigeantes du secteur de la santé. Confrontée à un soudain afflux d’échantillons envoyés par les compagnies désireuses de produire dans le domaine, l’entreprise vient de passer à un horaire de travail de 7 jours sur 7 en plus d’ajouter un deuxième quart de travail, a rapporté dans un courriel son président-directeur général, Olivier Vermeersch, qui se dit, comme son équipe de 70 personnes, « fier de contribuer à cet “effort de guerre” ».

Bien que la confection de ces équipements de protection médicale ne soit pas spécialement complexe à réaliser, elle commandera aussi un important travail d’adaptation et de certification, a noté en entretien la directrice générale de l’autre centre de transfert technologique, Vestechpro, Paulette Kaci. « Dans notre cas, le Québec compte déjà quelques entreprises spécialisées dans le domaine médical, mais elles ne suffisent pas à la tâche. Alors, il faudra se tourner également vers des entreprises qui font normalement d’autres types de vêtements. »

Dimanche, le trio ne voulait pas en dire plus sur l’identité des entreprises qui n’attendent plus que le feu vert de Québec pour entrer en production. Du côté de l’industrie textile, tous les acteurs majeurs se sont montrés intéressés, s’est contenté d’indiquer Dany Charest.