Hydro met la main à la pâte

Sophie Brochu, la nouvelle présidente-directrice générale d'Hydro-Québec, entre en poste officiellement lundi.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Sophie Brochu, la nouvelle présidente-directrice générale d'Hydro-Québec, entre en poste officiellement lundi.

Le personnel d’Hydro-Québec s’efforce déjà de voir quelle contribution pourrait fournir la société d’État afin d’épauler l’économie québécoise dans la relance, a affirmé jeudi Sophie Brochu au lendemain de sa nomination à titre de présidente-directrice générale.

« Il va falloir agir vite. L’équipe est déjà à pied d’œuvre », a dit Mme Brochu en entrevue peu avant de prendre la parole devant l’ensemble du personnel par conférence Web. Comme toute organisation, Hydro-Québec « prend le pouls » de l’économie et s’affaire actuellement à calculer l’impact de la décélération de la demande en énergie.

« Après ça, sur les initiatives, les gens travaillent sur ce qu’on appelle un plan de sortie. Il va falloir qu’on prenne certains risques, très mesurés. Si on attend de tout savoir et de tout voir clair avant de bouger, on va s’enfoncer. On va poser les gestes les plus éclairés possible », a poursuivi l’ex-p.-d.g. du groupe Énergir, qui entre officiellement en poste lundi.

Hydro-Québec a levé le voile en décembre sur un plan stratégique 2020-2024 qui mise notamment sur une augmentation de 80 % du bénéfice net, qui passerait à 5,2 milliards en 2030, la promotion des innovations en matière de stockage et un accent renouvelé sur l’étranger. Certains morceaux du plan pourraient être mis sur la voie rapide alors que d’autres pourraient être ralentis, a prévenu Mme Brochu, sans fournir de détails. Il n’est pas impossible non plus que de nouveaux morceaux y soient ajoutés.

Il va falloir qu’on prenne certains risques, très mesurés. Si on attend de tout savoir et de tout voir clair avant de bouger, on va s’enfoncer.

 

La nouvelle p.-d.g. arrive par ailleurs en poste au moment où les vues sur le développement énergétique ne font toujours pas consensus au Canada, ne serait-ce qu’au chapitre du rôle que jouent les hydrocarbures dans l’économie de l’Ouest. Cinq ans après qu’elle eut affirmé que l’absence d’une vision énergétique pancanadienne est une « bombe à retardement », est-il utopique de croire à une telle stratégie ? « Je ne pense pas que c’est une utopie. Elle va peut-être se produire de manière suprarégionale pour commencer. Vous touchez là une des motivations à ma présence ici. »