Sophie Brochu, première p.-d.g. d’Hydro-Québec

Mme Brochu, qui jouit d’une réputation enviable dans le milieu des affaires, a quitté la direction d’Énergir au mois de décembre 2019 après un règne de 12 ans.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Mme Brochu, qui jouit d’une réputation enviable dans le milieu des affaires, a quitté la direction d’Énergir au mois de décembre 2019 après un règne de 12 ans.

Perçue comme une candidate de premier rang depuis des semaines, Sophie Brochu a été choisie mercredi pour succéder à Éric Martel à titre de présidente et cheffe de la direction d’Hydro-Québec, une annonce qui survient au moment où la société d’État se trouve au tout début de son plan stratégique 2020-2024.

Mme Brochu, qui jouit d’une réputation enviable dans le milieu des affaires, a quitté la direction d’Énergir au mois de décembre 2019 après un règne de 12 ans. En prenant la direction d’Hydro-Québec, qui souhaite se tourner davantage vers l’étranger pour vendre son énergie et son savoir-faire en matière de stockage, elle devient ainsi la première femme à diriger la société d’État, dont le conseil d’administration est présidé par Jacynthe Côté.

« Le Québec se relèvera de la période très difficile que nous vivons, et je suis convaincu qu’avec Mme Brochu à sa tête, Hydro-Québec jouera un rôle central dans cette relance. Sa grande connaissance du secteur énergétique sera un atout indéniable pour faire du Québec la batterie de l’Amérique du Nord », a affirmé le premier ministre, François Legault. Mme Brochu entre en fonction lundi prochain, le 6 avril.

Mme Brochu entame son mandat avec une « grande humilité et beaucoup d’enthousiasme », a-t-elle indiqué. « En ces temps où la notion de service public prend tout son sens, je rejoins, à Hydro-Québec, des milliers d’hommes et de femmes qui sont passionnés par leur métier et qui sont, plus que jamais, déterminés à innover pour aider leurs clients, appuyer leurs communautés et participer au rebond économique du Québec. » La société d’État compte près de 20 000 employés.

Lors de l’annonce de son départ d’Énergir, en octobre, Mme Brochu avait dit qu’elle croyait que « toute organisation a périodiquement besoin d’un regard nouveau à sa tête pour lui assurer un élan continu et c’est ce qui motive [sa] décision ». Elle siégeait alors à plusieurs conseils d’administration, dont celui de BCE et celui de la Banque de Montréal.

Un nom connu

Le nom de Sophie Brochu a circulé dès le mois dernier, lorsque M. Martel a annoncé sa décision de quitter Hydro-Québec. Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, avait affirmé qu’elle est « quelqu’un qui, de par son profil, est très intéressant. Elle connaît bien le secteur de l’énergie, mais il va y avoir plusieurs autres candidats qui vont être évalués. On attendra la recommandation du conseil d’administration ».

De manière générale, les observateurs ont estimé que le profil de la personne choisie pour succéder à M. Martel devait permettre de mobiliser le personnel autour de la mission d’Hydro-Québec tout en sachant bondir sur différentes occasions commerciales dans un contexte de décarbonisation de l’économie. Même en 2016, lors du départ de Thierry Vandal, le poste avait été offert à Mme Brochu, a affirmé celle-ci à La Presse mercredi. Elle avait alors choisi de terminer certains grands chantiers chez Gaz Métro.

Quant à M. Martel, il retournera lundi prochain chez Bombardier, qui s’est complètement recentrée sur le créneau des avions d’affaires. C’est justement cette division qu’il dirigeait lorsqu’il a été recruté pour occuper le poste de p.-d.g. d’Hydro-Québec, en 2016. Son règne a notamment été marqué par l’amélioration du niveau de satisfaction de la clientèle, mais aussi par des dossiers plus délicats, comme le projet éolien Apuiat.

Pour les prochaines années, les défis d’Hydro-Québec sont multiples. Aux prises avec d’importants surplus énergétiques depuis plusieurs années, la société d’État tente par tous les moyens de conclure des contrats de vente avec les voisins du Québec, notamment en Nouvelle-Angleterre. Le plan stratégique 2020-2024 mentionne que la société d’État doit achever le projet de la Romaine, commencer les livraisons d’électricité vers le Massachusetts, faire la promotion de ses technologies. Hydro-Québec veut aussi faire passer son bénéfice net d’environ 2,9 milliards aujourd’hui à 5,2 milliards en 2030.

Au chapitre du personnel, des défis sont également présents. Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, a soulevé le mois dernier les résultats d’un sondage interne éventé par le Syndicat professionnel des ingénieurs d’Hydro-Québec. Selon le syndicat, « à peine 52 % des employés considèrent que la haute direction se préoccupe du bien-être des employés ». La personne éventuellement choisie devrait donc posséder des qualités de rassembleur, avait alors plaidé M. Arcand.