La pandémie de COVID-19 pèsera sur les résultats de Dollarama

Si Dollarama a obtenu le statut de service essentiel, il a néanmoins dû fermer 54 des 1291 établissements de son réseau.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Si Dollarama a obtenu le statut de service essentiel, il a néanmoins dû fermer 54 des 1291 établissements de son réseau.

Si l’éclosion de la COVID-19 a fait bondir le nombre de transactions dans les magasins de Dollarama alors que certains désiraient faire le plein de produits, cela a rapidement fait place à une baisse de l’achalandage au fur et à mesure que les autorités intensifiaient les mesures de distanciation sociale.

Qualifiant la situation de « sans précédent », la direction du détaillant d’articles à 1 $ et plus a préféré, pour le moment, s’abstenir de fournir des prévisions, mercredi, en dévoilant ses résultats du quatrième trimestre et pour l’exercice, qui, dans les deux cas, ont été en hausse.

Pour la période de trois mois ayant débuté le 3 février et qui se terminera le 3 mai, l’entreprise établie à Montréal anticipe toutefois une diminution des ventes dans ses magasins ouverts depuis au moins un an — un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail.

Le trimestre actuel avait bien commencé, puisque l’élan des ventes comparables et de l’achalandage constaté à la fin du quatrième trimestre se poursuivait. De la fin février à la mi-mars, Dollarama a vu les consommateurs se ruer vers les produits comme le désinfectant pour les mains, les lingettes nettoyantes et les denrées dans la foulée des craintes provoquées par la propagation du coronavirus.

« Après ce bond, le nombre de transactions a commencé à fléchir », a commenté le président et chef de la direction de la société, Neil Rossy, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes, en attribuant cela aux nombreuses décisions des autorités qui se sont notamment traduites par des fermetures massives d’entreprises.

Si le détaillant a obtenu le statut de service essentiel, il a néanmoins dû fermer 54 des 1291 établissements de son réseau. Il s’agit essentiellement de magasins qui se trouvent dans des centres commerciaux québécois ayant temporairement cessé leurs activités.

Ailleurs au pays, la baisse de l’achalandage a été de l’ordre de 50 % au cours de la dernière semaine dans les Dollarama situés dans des centres commerciaux. Le recul n’a pas été aussi marqué dans les établissements dotés d’une entrée extérieure — qui représentent 75 % du réseau.

Depuis le début de la pandémie, les consommateurs optent davantage pour des biens de consommation de base en limitant d’autres dépenses discrétionnaires, ce qui applique de la pression sur les marges.

« Les gens ne pensent pas aux œufs [de Pâques] à l’heure actuelle », a illustré M. Rossy.

Le coronavirus se traduit également par des dépenses plus importantes pour Dollarama, qui a bonifié de 10 %, jusqu’au 1er juillet, la rémunération des salariés de ses magasins, ses entrepôts et de son centre de distribution. Dans les points de vente, un quart de travail a notamment été ajouté pour désinfecter les tablettes et les paniers ainsi que pour contrôler le nombre de clients qui peuvent simultanément se trouver à l’intérieur.

Pour le moment, la société ne prévoit pas hausser ses prix, mais la faiblesse du dollar canadien et des matières premières plus dispendieuses pourraient lui forcer la main à plus long terme. Par exemple, le prix de l’alcool éthylique, utilisé dans la fabrication de désinfectant pour les mains, a bondi de 10 % à 15 % au cours de la dernière semaine en raison de la demande, a souligné le grand patron du détaillant.

« Nous allons faire de notre mieux pour repousser (les augmentations) aussi longtemps que possible », a répondu M. Rossy, lorsqu’interrogé par un analyste.

Pour la période de 13 semaines terminée le 2 février, Dollarama a engrangé un bénéfice net de 178,7 millions de dollars, ou 57 cents par action, en hausse de 4,5 %, alors que les ventes ont été de 1,07 milliard de dollars. Le quatrième trimestre de l’exercice précédent comptait une semaine supplémentaire ayant représenté des ventes d’environ 57 millions.

En ce qui a trait à l’exercice, les profits nets ont été de 564 millions $, ou 1,78 $ par action, sur un chiffre d’affaires d’environ 3,8 milliards $.