Wall Street seule à replonger dans le rouge

Wall Street a fini par plier, alors que la pandémie de coronavirus continue à générer de profondes incertitudes sur les marchés.
Photo: Spencer Platt Getty Images Agence France-Presse Wall Street a fini par plier, alors que la pandémie de coronavirus continue à générer de profondes incertitudes sur les marchés.

Au terme d’une séance hésitante, les Bourses européennes sont finalement parvenues à rester dans le vert mardi, mais Wall Street a fini par plier, la pandémie de coronavirus continuant à générer de profondes incertitudes sur les marchés.

L’indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones, a cédé 1,8 %. Il achève ainsi dans le rouge son pire mois depuis 2008 (–13,7 %) et son pire trimestre depuis 1987 (–23 %). L'indice élargi S&P 500 a baissé, lui, de 1,6 %, encaissant une baisse de 20 % depuis le début de 2020. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a reculé plus modestement de 1 %.

Côté européen, la Bourse de Francfort a terminé en hausse de 1,2 % et celle de Londres, de 2 %, tandis que la progression a été moins marquée à Paris (+0,4 %). Milan a pour sa part progressé de 1,06 % et Madrid, de 1,88 %. Les marchés européens ont notamment pu profiter de la remontée-surprise de l’activité manufacturière en Chine en mars ainsi que de premiers signes encourageants sur le front sanitaire européen.

À Toronto, l’indice composé S&P/TSX a gagné mardi 340,25 points, soit 2,6 %, à 13 378,75 points. Sur l’ensemble du trimestre, l’indice vedette a toutefois reculé d’environ 22 %, soit son pire trimestre depuis la crise financière de 2008.

Le secteur clé de l’énergie a avancé de 15,5 %, notamment grâce aux titres de Canadian Natural Energy, de Suncor Énergie et de Cenovus Energy, qui ont respectivement progressé de 22,5 %, de 18,4 % et de 17,8 % sur de très lourds volumes. Ces titres ont grimpé après que TC Énergie a annoncé que le gouvernement albertain prendrait une participation dans le projet de pipeline de 8 milliards $US Keystone XL, pour financer les coûts de construction initiaux. En outre, le cours du pétrole brut a avancé après que le président américain, Donald Trump, a contacté le président russe, Vladimir Poutine, pour entreprendre des négociations visant à mettre fin à la guerre de prix entre la Russie et l’Arabie saoudite, qui a contribué au plongeon des cours du pétrole à des creux de 18 ans.

Pétrole

Le prix du pétrole brut a chuté d’environ 66 % au cours du trimestre, lui qui s’établissait à 61,18 $US le baril en date du 31 décembre. Le cours de référence américain de l’or noir a gagné mardi 39 ¢US, à 20,48 $US le baril. À New York, l’annonce de la Réserve fédérale américaine sur la mise en place mardi d’un nouveau dispositif permettant à des banques centrales étrangères, notamment, d’avoir facilement accès à des dollars en échangeant « temporairement » leurs bons du Trésor américains contre des billets vert ne semblait pas suffire à calmer la nervosité ambiante.

« Pour observer une accalmie durable, il faudra d’abord une véritable stabilisation sur le plan sanitaire », a souligné à l’AFP Vincent Juvyns, stratégiste de JPMorgan AM. « On nous annonce un pic prochain, mais tout ceci reste encore au conditionnel et appelle à la prudence », poursuit-il.

« Ce qui assure malgré tout un retour à davantage de sérénité, c’est l’arsenal de mesures sans précédent déployées rapidement tant par les banques centrales que par les gouvernements », et ce « beaucoup plus rapidement qu’en 2008 et de manière mieux coordonnée », estime M. Juvyns. Et, au-delà de la crise sanitaire, l’autre clé pour permettre un rebond solide et prolongé reste la durée du confinement et de la paralysie économique qu’il provoque.

Nous n’arrivons « pas à donner un prix aux actifs tant que nous n’avons pas de visibilité sur la durée du confinement et de l’arrêt de l’économie », ajoute M. Neuvy. « De combien les résultats d’entreprises vont baisser en 2020 et de combien ils devraient rebondir en 2021 ? C’est la grande question », selon lui.

Avec La Presse canadienne