Le CN croit avoir un plan de contingence efficace

Pour les quelque 20 000 employés du CN qui ne peuvent pas faire de télétravail, diverses procédures ont été mises en place, notamment en matière de nettoyage des équipements.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Pour les quelque 20 000 employés du CN qui ne peuvent pas faire de télétravail, diverses procédures ont été mises en place, notamment en matière de nettoyage des équipements.

Partie intégrante de la chaîne d’approvisionnement, y compris dans l’agroalimentaire, le Canadien National affirme avoir institué plusieurs mesures pour assurer la continuité de ses activités, entre autres dans les trois centres de contrôle ferroviaires (CCF) de la compagnie, où les employés doivent rencontrer du personnel de santé au début de chaque quart pour répondre à des questions et faire prendre leur température.

Les centres de contrôle du CN se trouvent à Edmonton, Chicago et Montréal, où se situe le siège social de l’entreprise. Les deux premiers ont été reconfigurés pour faire en sorte qu’il y en ait maintenant quatre, la compagnie disposant donc désormais de cinq carrefours de gestion de circulation. Pour l’entreprise, ces unités jouent en quelque sorte le même rôle que les contrôleurs de trafic aéroportuaire.

« Si jamais des gens présentaient des symptômes, ou si nous étions privés d’un des centres, nous aurions un plan de sauvegarde suffisant pour faire fonctionner les activités de manière très efficace », a affirmé jeudi le président et chef de la direction du CN, Jean-Jacques Ruest, lors d’une conférence diffusée sur son site Internet.

Au siège de Montréal, par exemple, le personnel œuvrant au CCF — dont les fonctions seront graduellement déménagées à Edmonton — dispose d’un ascenseur réservé. Au début des quarts de travail, le personnel de santé soumet aux employés une série de questions et leur fait signer un document. « Et pendant le quart de travail, un technicien médical se promène, pose d’autres questions et s’assure que tout est correct. » On demande à ces employés de ne pas prendre le transport en commun.

Nombreuses sont les entreprises qui ont dû mettre à exécution des plans de contingence au cours de la dernière semaine, notamment dans le secteur des transports sur lequel s’appuie lourdement toute la chaîne d’approvisionnement de l’industrie agroalimentaire. Dans son rapport annuel 2019, le CN indiquait que son parc nord-américain comprend 2100 « conteneurs frigorifiques », permettant le transport des denrées périssables.

La semaine dernière, le Canadien Pacifique a indiqué qu’il a créé différents groupes d’employés considérés comme « critiques » afin d’assurer la continuité des activités.

Le CN compte environ 25 000 employés, dont 4500 travaillent dans les bureaux. Du télétravail a été institué, a dit M. Ruest. Par ailleurs, pour les quelque 20 000 qui doivent se présenter physiquement, diverses procédures ont été mises en place, notamment en matière de nettoyage des équipements.

Quant au déménagement vers Edmonton du centre de contrôle montréalais, qui comptait l’automne dernier une centaine de contrôleurs, M. Ruest a dit qu’« on le fait petit à petit ». « Évidemment, nous n’irons pas plus vite que ce qui est nécessaire. » Tout en déplorant le plan, le syndicat des Teamsters a indiqué en décembre 2019 qu’une vingtaine de postes avaient déjà commencé à être transférés.

Le cas Saputo

Un des gros acteurs du secteur agroalimentaire, Saputo, a également fait le point sur la situation jeudi en expliquant que la consommation de produits laitiers dans les magasins connaît actuellement une augmentation spectaculaire. « Nous constatons un déplacement massif de la production », a dit le président et chef de la direction de l’entreprise, Lino Saputo fils, au cours d’une conférence téléphonique.

Les usines de la compagnie qui fabriquent les produits destinés aux supermarchés fonctionnent à plein régime, a souligné M. Saputo. Au Canada, la demande est particulièrement plus vigoureuse pour les fromages et le lait. Toutefois, le portrait est différent du côté des autres sites exploités par la société. À l’exception du secteur de la restauration rapide, qui peut continuer à offrir des plats pour emporter par l’entremise du service au volant, la demande est pratiquement au neutre du côté des services alimentaires.

Avec La Presse canadienne