Les marchés retrouvent bonne mine

Toronto a récupéré le tiers des pertes accumulées depuis l’atteinte de son sommet de février.
Photo: Darren Calabrese La Presse canadienne Toronto a récupéré le tiers des pertes accumulées depuis l’atteinte de son sommet de février.

Les marchés boursiers ont confirmé leur rebond jeudi, rassurés par les plans de soutien annoncés en Europe et aux États-Unis face à la propagation de la pandémie du coronavirus, ainsi que par des propos de la banque centrale américaine.

Le vert était de mise à New York, où l’indice vedette Dow Jones a bondi de 6,4 %, enregistrant sa troisième séance de hausse d’affilée. L’indice élargi S&P 500 6,2 % et le Nasdaq, à forte coloration technologique, est monté de 5,6 %.

À Toronto, en enregistrant jeudi une troisième séance consécutive de gains le S&P/TSX a maintenant récupéré environ le tiers des pertes accumulées depuis l’atteinte de son sommet historique en février. L’indice a gagné jeudi 243,94 points, soit 1,8 %, pour clôturer à 13 371,17 points. Sur le marché des devises, le dollar canadien a avancé de plus de 1 cent US pour négocier au cours moyen de 71,04 cents US, comparativement à son cours moyen de 69,92 cents US de la veille.

Les marchés ont fait fi de l’explosion du nombre de nouvelles demandes d’allocation chômage aux États-Unis — plus de 3 millions, un record historique — et ont préféré se concentrer sur les bonnes nouvelles. « Le chiffre a été très mauvais, mais il aurait pu être pire. Le fait qu’il soit ressorti [conforme aux] dernières anticipations permet au marché de maintenir le cap de la hausse qu’on observe sur les deux dernières séances », a remarqué Andrea Tuéni, analyste chez Saxo Banque.

Soutien du G20

« Les investisseurs sont pleins d’espoir concernant le plan de sauvetage de la part des États-Unis », sans compter le fait que « le G20 a diffusé un message optimiste concernant la crise de COVID-19 », a souligné pour sa part David Madden, analyste chez CMC Markets. Un plan d’aide économique « historique » de 2200 milliards de dollars a été approuvé mercredi soir par le Sénat américain. L’objectif est d’injecter des fonds massifs dans la première économie mondiale pour éviter une récession durable. Le plan doit encore être approuvé par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, vendredi, avant d’être promulgué par le président américain.

Le marché a également pu trouver du soutien du côté des dirigeants du G20 qui ont annoncé jeudi leur intention d’injecter « plus de 5000 milliards de dollars » dans l’économie mondiale pour « contrer les répercussions sociales, économiques et financières de la pandémie », lors d’un sommet virtuel d’urgence.

Les nouvelles du côté des banques centrales étaient aussi de nature à rassurer les marchés. Juste avant l’ouverture des places américaines, le patron de la Fed, Jerome Powell, est monté une fois de plus au créneau pour rassurer les marchés en promettant que son institution allait continuer à prêter de l’argent « agressivement » pour combattre l’impact économique de l’épidémie.

Et la Banque d’Angleterre a choisi de maintenir son taux d’intérêt directeur à son plancher historique, jugeant une « nette chute » du PIB mondial au premier semestre « probable » du fait de la pandémie de COVID-19. « La situation est donc toujours difficile à évaluer » mais, au vu des baisses conséquentes subies ces dernières semaines, « le marché table déjà sur une récession sévère », a souligné auprès de l’AFP Daniel Morris, stratégiste senior chez BNP Paribas Asset Management.

Si les marchés actions parvenaient à rebondir, les prix du pétrole ont reculé, après trois séances consécutives de hausse. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a fini à 26,34 $US à Londres, en baisse de 3,8 % par rapport à la clôture de mercredi. À New York, le baril américain de WTI pour mai a dégringolé de 7,7 %, à 22,60 $US.

Avec La Presse canadienne