Regain d’espoir sur les marchés boursiers

Un homme passant devant des tableaux qui affichent les fluctuations de la Bourse de Tokyo, dont la séance de mercredi s’est terminée sur la plus forte hausse depuis 2008 dans la foulée de l’accord de relance aux États-Unis.
Photo: Kazuhiro Nogi Agence France-Presse Un homme passant devant des tableaux qui affichent les fluctuations de la Bourse de Tokyo, dont la séance de mercredi s’est terminée sur la plus forte hausse depuis 2008 dans la foulée de l’accord de relance aux États-Unis.

L’optimisme a pris le dessus mercredi sur les marchés, le déblocage attendu de 2000 milliards de dollars aux États-Unis et un plan de soutien de 1100 milliards d’euros en Allemagne ayant redonné aux investisseurs un peu de sérénité.

Malgré un essoufflement en milieu de séance, les bourses européennes — qui avaient toutes grimpé en flèche la veille — ont conforté leur rebond mercredi. Paris a clôturé en hausse de 4,5 %, Londres de 4,5 % et Francfort de 1,8 %. Milan et Madrid n’ont pas été en reste avec des progressions de respectivement 1,7 % et 3,6 %.

Outre-Atlantique, Wall Street s’est tassée en toute fin de séance, vu que le Sénat américain tardait à adopter le plan de relance. Le Dow Jones a fini en hausse de 2,4 %, mais a abandonné une grande partie de ses gains peu avant la clôture. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a, lui, reculé de 0,5 % tandis que l’indice élargi S & P 500 a pris 1,2 %.

Il s’agit malgré tout de la deuxième séance de hausse consécutive pour le Dow Jones, ce qui ne lui était plus arrivé depuis plus d’un mois. L’indice vedette de la place new-yorkaise avait bondi la veille de 11,4 %, sa plus forte progression sur une séance depuis 1933.

« Il y a un soulagement par rapport à la prise de conscience et à la réponse globale à la crise qu’on est en train de traverser avec des mesures assez fortes prises aux États-Unis et très importantes aussi du côté européen », note auprès de l’AFP Andrea Tuéni, un analyste de Saxo Banque.

Après plusieurs jours de tractations intenses aux États-Unis, la majorité républicaine et l’opposition démocrate se sont accordées sur un texte majeur qui va mobiliser autour de 2000 milliards de dollars à destination des salariés, des entreprises, des hôpitaux et des collectivités.

De leur côté, les députés allemands ont voté mercredi des mesures globales d’un montant proche de 1100 milliards d’euros pour défendre la première économie européenne.

« Ce package est très important en taille, mais il semble aussi cibler bien la problématique de la pérennité de l’activité », souligne Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement chez Carmignac. « Car l’enjeu pour les gouvernements qui ont fait le choix du confinement pour enrayer la propagation est qu’une récession de deux mois ne se transforme pas, par le biais des faillites, en récession de deux ans », ajoute-t-il.

Menace sur « l’humanité entière »

Reste que si « les mesures de soutien permettent de créer une base sur laquelle on pourra construire un rebond durable à l’avenir », juge M. Tuéni, elles ne seront pas suffisantes à court terme pour assurer une reprise des marchés. « Tant qu’on n’a pas d’indication positive par rapport à l’évolution de la pandémie, des chiffres un peu plus contenus sur les nouveaux décès ou les nouvelles contaminations, il va être très compliqué d’avoir un rebond sain et durable sur le marché », poursuit-il.

Si le bout du tunnel semble en vue en Chine, où les restrictions draconiennes imposées depuis des mois dans la province du Hubei, épicentre d’origine de la pandémie, ont été levées mercredi, sauf dans la capitale régionale Wuhan, la situation reste très difficile ailleurs. Elle menace « l’humanité entière », selon le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a lancé un Plan de réponse humanitaire mondial s’étendant jusqu’à décembre, assorti d’un appel à des dons à hauteur de 2 milliards de dollars.

Les prix du pétrole, ballottés mercredi entre plan de relance, guerre des prix et stocks américains, ont fini en hausse. Le baril de Brent a gagné 0,9 % et celui de WTI 2 %.

À Toronto

La Bourse de Toronto a également enregistré mercredi une deuxième séance consécutive de gains, une première depuis que la crise de la pandémie de COVID-19 a commencé à frapper les marchés, le mois dernier. Le marché s’est montré encouragé par les mesures de relance qui semblent en voie de se concrétiser au Canada et aux États-Unis.

L’indice composé S & P/TSX du parquet torontois a gagné 568,15 points, soit 4,5 %, à 13 139,28 points. Jumelée aux gains de 1342 points de mardi, la progression de mercredi permet au TSX de cumuler une hausse de 17 % en deux jours. L’indice de référence reste cependant près de 27 % en dessous de son sommet historique du 20 février.

L’adoption d’un plan d’aide de 82 milliards à la Chambre des communes d’Ottawa, mercredi, a aussi soutenu la Bourse de Toronto.