Flambée historique du Dow Jones à Wall Street

De rares marcheurs passaient devant la Bourse de New York, sur Wall Street, mardi.
Photo: Spencer Platt Getty Images via Agence France-Presse De rares marcheurs passaient devant la Bourse de New York, sur Wall Street, mardi.

La Bourse new-yorkaise a connu un vif rebond mardi, le Dow Jones enregistrant même sa plus forte progression en une séance en près de 90 ans, dans un marché optimiste devant le vote imminent d’un plan de relance économique aux États-Unis.

Son indice symbolique, le Dow Jones, a flambé de 11,4 %, à 20 704,91 points. Il faut remonter au 15 mars 1933 pour trouver trace d’une hausse en pourcentage aussi élevée en une séance. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a grimpé, lui, de 8,1 %, à 7417,86 points, et l’indice S & P 500 est monté de 9,4 %, à 2447,33 point

« Le marché s’attend à un plan de relance économique de grande ampleur pour amortir les effets négatifs provoqués par la fermeture de l’économie » américaine en pleine pandémie de coronavirus, explique Quincy Krosby de Prudential. Après deux échecs au Sénat, dimanche soir et lundi, républicains et démocrates continuaient de négocier pour adopter ce texte, qui pourrait proposer jusqu’à 2000 milliards de dollars d’aide.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a assuré sur la chaîne d’informations financières CNBC qu’il existait un « optimisme réel » pour que le Congrès parvienne à un accord. Les mesures pourraient notamment inclure une aide fiscale allant jusqu’à 1200 $US par adulte et 500 $US par enfant pour les ménages gagnant moins de 99 000 $US par an. Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a parlé quant à lui de 1000 $US par adulte. Le texte prévoit aussi une série de mesures pour les petites et moyennes entreprises, avec notamment 300 milliards de dollars de prêts.

« Ces mesures ne vont pas tout résoudre, prévient cependant Mme Krosby. Elles viennent en complément de nombreux programmes que la Réserve fédérale a mis en place. L’idée centrale est de débloquer de l’argent aussi rapidement que possible », précise-t-elle.

Signe encourageant, selon Mme Krosby, l’indicateur de volatilité (VIX) à Wall Street a fortement reculé ces derniers jours, ce qui annonce généralement un marché à la hausse à un rythme soutenu. Le VIX a perdu plus de 20 points depuis le début de la semaine dernière. Pour éviter que le rebond de mardi ne soit qu’un feu de paille, « il faudrait toutefois que le marché clôture demain un peu plus haut que ce qu’on anticipe », juge l’experte. Les marchés boursiers nord-américains ont rebondi mardi, soutenus par l’espoir de voir le gouvernement américain s’entendre sur un plan d’aide et par la publication de données jugées positives quant à l’épidémie du nouveau coronavirus en Italie.

12 % à Toronto

Pour sa part, l’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a gagné 1342,59 points, soit près de 12 %, pour clôturer à 12 571,08 points. Cette progression abrupte survient après quelques séances marquées par la volatilité. Celles-ci ont vu le TSX perdre environ 40 % de sa valeur depuis l’atteinte de sommets records, il y a environ un mois.

« Il faut mettre cela en contexte. Nous avons eu des journées horribles avant aujourd’hui », a observé Natalie Taylor, gestionnaire de portefeuille à la Banque CIBC. « Je pense que certains sont d’avis que nous avons observé le début d’une capitulation sur le marché », a affirmé Mme Taylor, se référant à une purge finale de titres de qualité, un élément typique des dernières étapes d’une vente massive.

Cependant, Mme Taylor répugne à dire que le fond a été atteint, étant donné le nombre de fois que les marchés ont chuté après avoir affiché un rebond. « Donc, je ne vais pas spéculer sur la question de savoir si nous toucherons le fond ou à quoi ressemblera la séance de demain. Je sais simplement qu’après plusieurs journées consécutives de liquidation, il n’est pas inhabituel d’avoir un fort rebond intermédiaire ou une reprise du marché baissier. » Même s’il existe un contrôle du nombre de cas de coronavirus, les implications à plus long terme restent sérieuses, car la plupart des économistes annoncent une récession.