Wall Street s’enfonce

Le Dow Jones est tombé lundi à son plus bas depuis novembre 2016, dans un marché inquiet face à l'impasse politique sur le plan de relance de l'économie américaine et peu rassuré par les nouvelles annonces de la Fed.
Photo: Nicole Pereira / NYSE via AP Le Dow Jones est tombé lundi à son plus bas depuis novembre 2016, dans un marché inquiet face à l'impasse politique sur le plan de relance de l'économie américaine et peu rassuré par les nouvelles annonces de la Fed.

Le Dow Jones est tombé lundi à son plus bas depuis novembre 2016, dans un marché inquiet face à l'impasse politique sur le plan de relance de l'économie américaine et peu rassuré par les nouvelles annonces de la Fed.

L'indice vedette de la Bourse new-yorkaise a chuté de 3 % à 18 591,93 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a lui limité les pertes en abandonnant seulement 0,3 % à 6860,67 points. La progression de grands noms de l'indice, comme Amazon ( +3,1%) ou Netflix (+8,2%), lui a permis de ne pas trop perdre de terrain. Le S&P 500 a lui plongé de 2,9 % à 2237,40 points. L'indice élargi de la place new-yorkaise évolue désormais sous le niveau qu'il avait lors de l’arrivée en poste de Donald Trump, le 20 janvier 2017.

Lundi, les investisseurs ont manifesté leurs inquiétudes face à l'incapacité du Sénat américain à approuver un plan de soutien massif à l'économie américaine pour lui permettre de faire face aux conséquences dévastatrices de la pandémie de coronavirus.

Le texte a été rejeté deux fois à la chambre haute des États-Unis, dimanche soir puis lundi. Les tractations se poursuivaient lundi en coulisses entre la majorité républicaine et la minorité démocrate.

Le Sénat américain a finalement échoué lundi à s'accorder sur un plan massif de relance de l'économie, mise à genoux par la pandémie de coronavirus, au lendemain d'un premier échec sur une question de procédure.

Ce projet de loi vise à mobiliser jusqu'à 1700 milliards de dollars. Son adoption au Sénat a de nouveau achoppé alors que les tractations se poursuivaient en coulisses entre la majorité républicaine et la minorité démocrate, pourtant d'accord sur l'urgence de la situation.

Mais, selon Peter Cardillo de Spartan Capital Securities, un plan devrait bientôt être adopté par le Congrès américain. « Une fois qu'il sera passé, les marchés devraient commencer à se stabiliser » , prédit l'expert. « Cela ne veut pas dire que le marché des actions va soudainement se redresser, mais je ne crois pas qu'on descende bien en-dessous des niveaux actuels », ajoute-t-il.

Les acteurs du marché n'ont par ailleurs pas semblé particulièrement rassurés lundi par de nouvelles mesures de la Banque centrale américaine, annoncées avant l'ouverture. La Fed a annoncé ne plus fixer de limites à ses achats de bons du Trésor et de titres hypothécaires.

La Banque centrale américaine a également lancé un nouveau programme de 300 milliards de dollars d'aides pour « soutenir le flux de crédit aux employeurs, aux consommateurs et aux entreprises » .

Selon de nombreux analystes, l'économie américaine doit se préparer à des prochains mois très difficiles. Selon Stephen Dulake, chef mondial de la recherche sur le crédit chez JPMorgan Chase, « les prédictions sur une reprise en milieu d'année sont de l'histoire ancienne ». Il a dit s'attendre à une « récession profonde » pour la première économie mondiale.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine s'établissait à 0,766%, en repli par rapport à la dernière clôture (0,854%).

« Le marché voit ce que font les États, il voit les mesures budgétaires tout comme les mesures monétaires de la part des banques centrales, mais, pour l'instant, il a toujours du mal à mettre un prix sur le risque final, c'est-à-dire combien l'épidémie de coronavirus va coûter à l'économie mondiale » , a analysé auprès de l'AFP Alexandre Baradez, analyste chez IG France. « Pour qu'il puisse préciser le prix du risque, il faut qu'il ait un peu plus de visibilité sur l'évolution du virus » , a-t-il poursuivi.

À Toronto, la hausse des cours du pétrole brut et de l'or n'a pas pu empêcher Bay Street de reculer, l’indice composé S&P/TSX perdant 632,32 points, soit 5,3 %, pour clôturer avec 11 228,49 points. Sur le marché des devises, le dollar canadien s'est négocié au cours moyen de 69,05 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 69,77 cents US de vendredi.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a avancé de 73 cents US à 23,36 $ US le baril, tandis que celui de l'or a bondi de 83 $ US à 1567,60 $ US l'once.