Le producteur d'or québécois Semafo est acquis par la minière Endeavour

En novembre dernier, plusieurs dizaines d’employés de Semafo avaient perdu la vie dans le cadre d’une attaque alors qu’ils se rendaient à la mine de Bongou, au Burkina Faso, exploitée par la minière québécoise.
Photo: Semafo En novembre dernier, plusieurs dizaines d’employés de Semafo avaient perdu la vie dans le cadre d’une attaque alors qu’ils se rendaient à la mine de Bongou, au Burkina Faso, exploitée par la minière québécoise.

Le producteur d’or québécois Semafo, secoué l’automne dernier par un attentat meurtrier survenu au Burkina Faso qui a coûté la vie à plusieurs de ses employés, passera sous contrôle étranger à la suite d’une offre de la minière Endeavour.

Annoncée lundi, cette transaction survient au moment où l’économie mondiale est bousculée en raison de la propagation du nouveau coronavirus. L’acquisition, qui sera entièrement réalisée par l’entremise d’un échange d’actions, est évaluée à 1 milliard de dollars en vertu du cours de clôture du titre d’Endeavour à la Bourse de Toronto vendredi.

La compagnie qui émanera de ce regroupement — détenue à 70 % par les actionnaires d’Endeavour et à 30 % par les porteurs de titres de Semafo — sera l’une des 15 principales sociétés aurifères au monde et la plus importante au Burkina Faso ainsi qu’en Côte d’Ivoire. Le groupe exploitera six sites et pourra produire un million d’onces de métal précieux en 2020.

Cela se traduira toutefois par la par la perte d’un siège social au Québec puisque Semafo, établie à Montréal, sera contrôlée depuis Londres, au Royaume-Uni, où se trouve le bureau corporatif d’Endeavour. Cette société est officiellement enregistrée aux îles Caïmans.

« Nous allons maintenir une présence à Montréal par l’entremise d’un centre [responsables de nos activités techniques] ce qui témoigne de la qualité de notre équipe et de la vigueur de l’industrie minière québécoise », a expliqué le président et chef de la direction d’Endeavour, Sébastien de Montessus, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes.

Celui-ci était accompagné du président et chef de la direction de Semafo, Benoit Desormeaux, à qui il n’a pas été possible de parler dans l’immédiat.

Dans le cadre de la transaction, dont la clôture est prévue d’ici la fin juin, les actionnaires de Semafo recevront 0,1244 action d’Endeavour pour chacun de leurs titres. Lundi avant-midi, à la Bourse de Toronto, le titre de la société aurifère québécoise prenait 26 %, ou 52 cents, par rapport à son cours de clôture de vendredi, pour se négocier à 2,51 $. L’action d’Endeavour retraitait toutefois de 14,5 %, ou 3,16 $, pour coter à 18,49 $.

« Pour les actionnaires de Semafo, cette transaction permet d’obtenir à la fois une prime significative ainsi que la chance (d’être actionnaire) de l’entité combinée », a expliqué M. Desormeaux, qui sera le président de la nouvelle compagnie et qui relèvera du grand patron d’Endeavour.

Les discussions entre les deux minières ont débuté au début de 2019. Une proposition avait été présentée en mai, mais il n’y avait pas eu d’entente. Les pourparlers ont repris au début de l’année.

L’action de Semafo se négociait à environ 4,25 $ au début du mois de novembre, avant que ne survienne, le 6 novembre, l’attaque ayant coûté la vie à 39 de ses employés — des travailleurs locaux. Ceux-ci ont été surpris dans une embuscade alors qu’ils se rendaient à la mine de Bongou, au Burkina Faso, exploitée par la minière québécoise.

L’entreprise, qui exploite également une mine à Mana, s’attend à une reprise des activités minières plus tard cette année.

La transaction devra obtenir l’aval d’une majorité simple des actionnaires d’Endeavour. Les deux tiers des porteurs de titres de Semafo devront voter pour l’arrangement.