Transat met à pied 70% de sa main-d’oeuvre

En clouant tous ses avions au sol à compter du 1er avril alors que les gouvernements ferment leurs frontières dans l’espoir de ralentir la pandémie de COVID-19, Air Transat mettra temporairement à pied quelque 3600 personnes, soit environ 70 % de son effectif.

« Nous avons suspendu les vols jusqu’au 30 avril, donc il est clair qu’il n’y aura pas de retour avant, mais évidemment, nous n’avons pas beaucoup de visibilité (sur la suite des choses) pour l’instant », a expliqué lundi le vice-président aux affaires publiques de la société mère du transporteur aérien, Christophe Hennebelle, au cours d’un entretien téléphonique.

Un certain nombre de mises à pied sont immédiates, tandis que d’autres prendront effet après un préavis pouvant aller jusqu’à un mois. L’entreprise doit par exemple continuer à effectuer de la maintenance sur certains appareils, ce qui signifie qu’un certain nombre de mécaniciens conserveront leur emploi pour un certain temps encore.

Les mises à pied touchent également les employés de l’entreprise qui se trouvent ailleurs dans le monde, comme en France. Des cadres n’ayant pas été mis à pied ont accepté une diminution de leur rémunération, à l’instar du conseil d’administration de la compagnie.

Mercredi dernier, la société estimait que 65 000 de ses clients se trouvaient soient dans des destinations soleil où en Europe. Dimanche, plus de 60 % d’entre eux étaient de retour au Canada, selon le voyagiste.

Transat A.T. estime être en mesure d’avoir rapatrié le reste de ses clients qui se trouvent à l’étranger d’ici le 1er avril.

« C’est l’intention, a répondu M. Hennebelle. Nous avons planifié l’interruption des activités de manière à pouvoir ramener tous nos clients qui sont à destination pour le moment. »

L’annonce de Transat A.T. survient alors que d’autres compagnies aériennes au pays ont également décidé de réduire ou suspendre temporairement leurs services.

WestJet Airlines a réduit de moitié sa capacité au Canada et a annulé l’ensemble de ses liaisons transatlantiques et vers les États-Unis pendant 30 jours.

De son côté, Air Canada avait signalé que la majorité de ses vols internationaux et transfrontaliers seraient progressivement suspendus d’ici le 31 mars. En territoire canadien, la compagnie aérienne continuera à desservir toutes les provinces et territoires, mais sur un nombre réduit d’aéroports.

Sunwing a indiqué, lundi, par voie de communiqué, qu’elle prévoyait « conclure ses efforts de rapatriement au cours des prochaines 24 heures ». Un « dernier vol » de St. Petersburg, en Floride, devait faire escale à Toronto en fin de soirée avant de terminer son parcours à Halifax. Les vols du transporteur ont été suspendus.

Pour sa part, Porter Airlines a annulé, la semaine dernière, ses vols jusqu’au 1er juin en gardant ses 29 avions au sol.

Même si les avions d’Air Transat seront cloués au sol, le voyagiste a continué d’affirmer que la transaction qui lui permettra de passer sous l’aile d’Air Canada n’est pas compromise. L’offre bonifiée de 18 $ par action du plus important transporteur aérien au pays fait toutefois l’objet d’un examen minutieux des autorités réglementaires.

« Il n’y a pas de changement sur notre lecture de la transaction », a dit M. Hennebelle.

Selon Transat A.T., une clause de la convention d’arrangement concernant un « effet défavorable important » et une autre concernant les « épidémies » ne permet pas à Air Canada de modifier ou déchirer l’entente.