Transat met à pied ses agents de bord

Chez Transat, les 2000 agents de bord ont reçu leurs avis de mises à pied, qui seront en vigueur le 5 avril, selon leur syndicat.
Photo: Grzegorz Malec Getty Images Chez Transat, les 2000 agents de bord ont reçu leurs avis de mises à pied, qui seront en vigueur le 5 avril, selon leur syndicat.

Coincée par une chute draconienne du transport aérien, Air Canada est actuellement en discussion avec les autorités syndicales, a indiqué l’entreprise vendredi dans la foulée d’une annonce de la Composante d’Air Canada SCFP selon laquelle le transporteur invoquera une clause de force majeure dans la convention collective pour mettre à pied 5100 agents de bord. Chez Transat, les 2000 agents de bord ont reçu leurs avis de mises à pied, qui seront en vigueur le 5 avril, selon leur syndicat.

Air Canada, dont le réseau international passera de 101 aéroports à seulement 6 et qui réduira aussi son empreinte transfrontalière et intérieure, aura une capacité d’ensemble diminuée « d’au moins 80 % en avril », selon le communiqué du syndicat émis tard jeudi soir.

« Le surplus approximatif de main-d’œuvre pour le mois d’avril à l’exploitation principale est de 3600 membres, alors qu’à Rouge, c’est l’ensemble des 1549 membres qui est considéré en surplus. Dans la réalité, Rouge n’aura aucune heure de vol au cours du mois d’avril », a écrit le syndicat. La compagnie « entamera le processus d’appel des membres afin de les aviser qu’ils sont placés en position de mise à pied technique aussi rapidement qu’au cours des 48 prochaines heures. »

« Les discussions se poursuivent toujours avec les syndicats concernés », a indiqué vendredi la directrice des relations avec les médias pour le Québec et l’Est du Canada, Pascale Déry.

« Je confirme que nous procédons actuellement à des mises à pied temporaires. Par respect pour nos employés, nous ne communiquerons pas de détails avant que tous nos employés soient informés de façon adéquate, ce qui devrait être le cas en début de semaine prochaine », a affirmé de son côté le vice-président aux ressources humaines et affaires publiques de Transat, Christophe Hennebelle. Transat compte environ 5000 employés en tout.

Les mises à pied se font dans un contexte de « retour indéterminé », a indiqué en entrevue la présidente de la Composante d’Air Transat du SCFP, Julie Roberts.

Le transporteur Air Canada a indiqué mercredi qu’il cesserait essentiellement tous ses vols internationaux et transfrontaliers d’ici le 31 mars jusqu’à la fin du mois d’avril, mais son communiqué ne donnait pas de précisions quant à l’impact concret sur ses employés. Le voyagiste Transat, qui a évoqué le même jour une suspension « progressive » de ses vols sur la même période, parlait quant à lui de « mises à pied temporaires [qui] toucheront malheureusement une grande partie du personnel ».

Au-delà des transporteurs, la crise pourrait logiquement frapper le secteur aéroportuaire en cascade : déjà, l’aéroport de Philadelphie s’apprêterait à mettre à pied 600 des 1000 employés d’ici lundi, selon les médias locaux citant un représentant syndical.

La baisse de fréquentation pourrait aussi frapper par ricochet les travailleurs des concessions aéroportuaires un peu partout en Amérique du Nord, selon le syndicat Unite Here.

Il n’y a encore eu aucune mise à pied dans le personnel d’Aéroports de Montréal, a affirmé vendredi la directrice des affaires corporatives et des relations médias, Anne-Sophie Hamel.

« L’équipe d’ADM travaille actuellement à trois objectifs, soit de contribuer à limiter la propagation du virus, d’adapter le niveau de service offert pour refléter la baisse importante du trafic de passagers et réduire ses coûts de sorte à dégager un maximum de liquidités dans un contexte de chute de revenus », a-t-elle dit.