Air Canada suspendra l’essentiel de ses vols internationaux

En ce qui concerne les vols intérieurs, les clients sont invités à vérifier que leur vol est maintenu sur le site web.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir En ce qui concerne les vols intérieurs, les clients sont invités à vérifier que leur vol est maintenu sur le site web.

La priorité est au rapatriement, et la cascade de fermetures frontalières force les transporteurs à s’ajuster d’urgence. Alors qu’Air Canada suspendra l’essentiel de ses vols transfrontaliers et internationaux d’ici le 31 mars jusqu’à la fin d’avril, réduisant de 101 à 6 le nombre d’aéroports dans son réseau international, Transat diminue ses activités en évoquant une réduction des coûts de personnel qui inclura des mises à pied temporaires, sans toutefois préciser de chiffres pour l’instant.

Conséquence des restrictions sévères qui ont fait boule de neige dans le monde, le ralentissement laissera vraisemblablement des marques profondes sur le transport aérien et le tourisme, deux secteurs qui se retrouvent inévitablement aux premières loges de la tempête lors des imprévus à grande échelle. En Bourse, Transat a perdu 2 % à 5,88 $, en recul de 62 % depuis la fin de février. L’action d’Air Canada a fondu de 19 % au cours de la séance, s’établissant à 12,90 $.

Tout en parlant d’une « suspension progressive des vols jusqu’au 30 avril », le groupe Transat, qui compte environ 5000 employés et fait l’objet d’une offre d’achat de 720 millions d’Air Canada, a dit qu’il s’affaire à rapatrier les clients et qu’il exploitera des vols pendant encore deux semaines avec l’Europe et les États-Unis pour ramener les gens dans leur pays.

Les mises à pied temporaires toucheront malheureusement une grande partie du personnel [de Transat]

« De et vers l’Europe et les États-Unis, les ventes pour des départs jusqu’au 30 avril sont fermées immédiatement sur la plupart des destinations », a notamment indiqué la compagnie. Pour les destinations soleil, Transat cesse les ventes immédiatement, mais des vols auront lieu pendant quelques jours pour rapatrier les Canadiens. Les clients dont les vols sont annulés recevront un crédit valide pour 24 mois.

« C’est une situation inédite, hors de notre contrôle, qui nous contraint à suspendre nos vols à brève échéance pour contribuer à l’effort de lutte contre la pandémie, protéger nos clients et nos employés et préserver l’entreprise », a indiqué le président de Transat, Jean-Marc Eustache. Il ne donnait pas d’entrevues. « Nous mettons tout en œuvre pour que cela ait le moins d’impact possible sur nos employés et sur nos clients, que nous nous assurons de ramener à la maison. »

À Air Canada, le réseau transfrontalier passe de 53 aéroports à 13, tandis que le réseau canadien sera réduit de 62 aéroports à 40. La compagnie évoque des « conséquences cataclysmiques » sur l’industrie mondiale, mais discute avec Ottawa des « possibilités de maintenir les activités essentielles, afin de permettre au plus grand nombre possible de voyageurs de revenir au Canada, et de répondre à d’autres besoins vitaux, comme l’acheminement d’urgence, indispensable en période de crise, de biens et de marchandises ». Les clients dont les vols sont annulés auront un crédit bon pour 24 mois.

Transat n’a pas chiffré la réduction de coûts, mais a diminué la rémunération de la direction et du conseil d’administration. « Il est trop tôt pour donner des chiffres puisque nous sommes en train de communiquer avec les employés concernés », a indiqué le vice-président aux ressources humaines et aux affaires publiques, Christophe Hennebelle. « Mais les mises à pied temporaires toucheront malheureusement une grande partie du personnel, dans la mesure où nous sommes contraints de suspendre l’ensemble de nos vols jusqu’au 30 avril. Les réductions de salaires concernent la haute direction et le conseil, pas l’ensemble du personnel. » Le bilan de Transat était « très solide » au déclenchement de la crise, a dit M. Hennebelle.

Transports Canada étudie actuellement l’acquisition proposée de Transat par Air Canada. « Nous n’avons aucune indication que la crise met en péril la transaction », a dit M. Hennebelle. Selon un analyste de Valeurs mobilières Desjardins, l’entente avec Air Canada demeure logique, mais « nous reconnaissons que la propagation de la COVID-19 pourrait peser sur la transaction si elle perdurait pour une période prolongée ». Les liquidités d’Air Canada étaient de 7,1 milliards au 13 mars, a-t-il mentionné.

Porter

Un autre transporteur canadien, Porter, a annoncé la suspension temporaire de « tous ses vols » du 20 mars jusqu’au 1er juin et déclenché des mises à pied temporaires.

M. Deluce a suspendu son propre salaire et dit que « tous les autres cadres qui resteront pendant la suspension temporaire verront leur salaire réduit de 30 % jusqu’à la reprise des vols ». Cela rappelle la décision du chef de la direction de Delta, Ed Bastian, de renoncer à son salaire pendant six mois. À la direction de Delta, les baisses vont de 25 % à 50 %.