Les Bourses ont encaissé des chutes spectaculaires lundi

Les échanges ont été suspendus à la Bourse de New York.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Les échanges ont été suspendus à la Bourse de New York.

Avis de détresse : de Sydney à New York en passant par Paris, l’expansion du nouveau coronavirus partout dans le monde a une nouvelle fois lundi fait chavirer les places boursières mondiales, désormais convaincues qu’une récession est inévitable.

Confrontées à la hausse exponentielle du nombre de contaminations, aux confinements massifs et aux craintes d’une contraction mondiale de la croissance, les marchés ont chuté les uns après les autres, insensibles aux efforts déployés par les banques centrales.

Wall Street a encaissé une des pires séances de son histoire lundi son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, s’effondrant de 12,93 %, sa plus lourde chute depuis le lundi noir d’octobre 1987. À 20 188,52 points, il tombe à son plus bas niveau depuis février 2017. L’indice élargi S & P 500 a plongé de 11,98 % à 2386,13 points.

L’affolement a gagné les courtiers dès le début de la séance, une chute de 7 % du S & P 500 déclenchant automatiquement une suspension des échanges pendant un quart d’heure, censé permettre aux acteurs du marché de reprendre leurs esprits. C’est la troisième fois en six séances que ce mécanisme est utilisé. Les indices ont repris un peu de terrain lundi en cours de séance. Mais ils ont de nouveau plongé à la toute fin de la journée.

Les échanges ont aussi été temporairement suspendus à la Bourse de Toronto pour la troisième fois de la dernière semaine, après un recul de 11 % en début de séance. L’indice composé S & P / TSX du parquet torontois a récupéré une petite partie de ses pertes pour clôturer en baisse de 9,89 %.

Le secteur de l’énergie a été le plus grand perdant, avec un plongeon de plus de 18 %. Le cours du pétrole brut a chuté à son plus bas niveau en quatre ans, cédant 3,03 $ US à 28,70 $ US le baril.

Après les pertes historiques de la semaine dernière, la Bourse australienne a ouvert la semaine par une chute inédite de 9,7 %. Hong Kong, Shanghai, Shenzhen, Tokyo : partout en Asie la baisse a été au rendez-vous. Même son de cloche en Europe, où la Bourse de Paris a terminé sur un plongeon de 5,75 %, Francfort de 5,31 %, Londres de 4,01 %. Madrid (-7,88 %), Milan (-6,10 %) et Bruxelles (-7,22 %) ont connu des chutes encore plus spectaculaires.

La récession à venir

« Le marché a complètement ajusté ses attentes, considérant que, dans tous les cas, nous ne sommes pas en mesure de gérer la crise du point de vue épidémique », a souligné auprès de l’AFP Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

« Même si les réponses politiques ou monétaires sont certainement adaptées, le problème est que personne n’a de visibilité sur la crise sanitaire, sa durée et surtout sur la durée de la récession », a-t-il ajouté.

« Les marchés comprennent que la récession est presque garantie. Les autorités aident en injectant de l’argent mais ne peuvent la stopper », a observé Jasper Lawler, analyste pour London Capital Group.

« C’est toujours un marché qui tente d’évaluer l’impact d’une récession à venir, mais qui jongle aussi avec la possibilité de quelque chose de pire », a estimé Frances Donald, économiste mondiale en chef et responsable de la stratégie macroéconomique chez Gestion de placements Manuvie.

Cela pourrait comprendre une faible activité économique sur une période prolongée, qui pourrait ressembler à une crise du crédit si les défaillances commencent à grimper.

La Banque centrale américaine (Fed) a annoncé lundi une opération sur le marché monétaire à hauteur de 500 milliards de dollars, au lendemain d’une baisse brutale de son taux à 0 %-0,25 % et d’une injection de liquidités de 700 milliards de dollars.

La dernière fois que la Fed avait abaissé ses taux à un tel niveau remonte à décembre 2008, au coeur de la crise financière dite des « subprimes ».

Parallèlement, la Fed, la Banque centrale européenne et les Banques centrales du Japon, Royaume-Uni, Canada et de Suisse, ont assoupli les conditions auxquelles elles s’échangent des devises entre elles, afin de pouvoir garantir un approvisionnement suffisant des marchés en dollars.

Avec La Presse canadienne